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L’enquête de consommation alimentaire 2022

Comment mangent les belges ?

Depuis quelques années, de nouvelles tendances font surface dans notre culture alimentaire :  produits végétaux, cuisine sans déchets, boissons et aliments fermentés, etc. Les habitudes alimentaires semblent changer continuellement et influencent ainsi notre alimentation. Adopter un régime alimentaire favorable à la santé aide d’une part à prévenir le développement de maladies non-transmissibles, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type II et d’autres maladies associées à l’obésité. D’autre part, un régime alimentaire devrait également s’inscrire dans le concept de développement durable, ainsi que se composer d’aliments exempts de microorganismes, résidus ou contaminants ayant un effet néfaste sur la santé. Un suivi régulier de la consommation alimentaire est donc crucial afin de guider et d’évaluer les politiques nutritionnelles et de sécurité alimentaire. C’est pour cette raison que Sciensano mène, depuis mars 2022, une nouvelle enquête de consommation alimentaire.

Eline Le Dieu, diététicienne agréée chez Sciensano : Nutrition and Health - Lifestyle and chronic diseases

Les enquêtes de consommation alimentaire ont pour objectif de fournir des informations sur la consommation d’aliments et les changements alimentaires au sein d’une population. En combinant de telles données avec des informations sur la composition des aliments, ces enquêtes permettent, en outre, de déterminer les apports en micro- et macronutriments de la population, son exposition à d’éventuelles substances chimiques ou microbiologiques nocives, et l’impact environnemental des régimes alimentaires. Au niveau de la recherche scientifique, de telles informations sont aussi utilisées pour étudier les associations entre nutrition et santé.

En Belgique, la première enquête de consommation alimentaire a eu lieu en 2004 et a permis de collecter des informations sur les apports alimentaires de 3245 individus âgés de 15 ans et plus. Les résultats de cette enquête ont également permis de développer des programmes, tels que le Plan National Nutrition et Santé (2005-2010), visant à améliorer les habitudes alimentaires de la population belge. En 2014-2015, une seconde enquête nationale de consommation alimentaire a eu lieu au sein de la population belge âgée de 3 à 64 ans. Les données en résultant ont été utilisées pour définir et publier, en 2019, de nouvelles recommandations alimentaires pour la population adulte. Certains indicateurs issus de l’enquête de 2014 constituent également le point de départ des « objectifs de santé 2025 » en Flandre, et ont accéléré le développement de certaines mesures politiques comme l’introduction du Nutri-Score.

Pour l’enquête de consommation alimentaire en cours, 59 communes ont été sélectionnées sur toute la Belgique visant ainsi à interroger 3020 participants à partir de l’âge de 3 ans. Soixante-deux diététicien·ne·s indépendant·e·s ont été engagé·e·s afin d’interroger un ensemble de 50 participants, résidants dans une même commune, de façon répartie tout au long de l’année de l’enquête. L’ensemble des participants sont répartis en quatre groupes d’âge :

En plus de notre échantillon national, il a été prévu d’interroger 1400 participants supplémentaires dans la Région de Bruxelles-Capitale ainsi que dans la Communauté germanophone. Une autre méthode d’évaluation de l’alimentation a été choisie pour des raisons financières et logistiques.

Quelques nouveautés se présentent lors de l’enquête de consommation alimentaire 2022-2023 notamment la collecte d’échantillons biologiques auprès des participants au moyen de deux études annexes :

1)

« L’étude par piqûre au doigt » qui vise à estimer le statut en vitamine D, thiamine et alcool au moyen d’un prélèvement de quelques gouttes de sang. Cette étude est une collaboration entre Sciensano et le département de toxicologie de l’Université de Gand.

2)

« L’étude métamorphose » qui a pour objectif principal d’estimer la faisabilité de collecter des échantillons biologiques humain lors d’études à grande échelle auprès de la population.  Ceci se fera au moyen d’un prélèvement par le participant lui-même d’un échantillon de salive et/ou de selles.

Déroulement du travail de terrain

Au sein de chaque commune sélectionnée pour l’échantillon national, 50 personnes sont tirées au sort dans le registre. Ces personnes reçoivent une lettre d’invitation ainsi qu’une brochure les invitant à participer à l’enquête de consommation alimentaire. Les enquêteurs reçoivent à leur tour les noms et adresses des personnes à contacter afin de les convaincre de participer et de fixer une date pour une première visite à domicile. Chaque personne participante est interrogée à deux reprises à son domicile à une intervalle de 1 à 4 semaines. Chaque visite inclut un rappel de consommation alimentaire de 24 heures. Ce dernier est réalisé de manière standardisée, au moyen du programme GloboDiet®. Ce programme permet de demander au participant, de manière précise, ce qu’il a mangé ou bu la veille de l’entretien. Pour chacun des aliments ou boissons consommés, des questions supplémentaires sont posées sur le mode d’emballage, la méthode de conservation, la préparation, la teneur en graisses et en sucres, la marque, etc.  Pour finir, la portion est quantifiée avec l’aide d’un album photo, mesures ménagères, unités, grammages ou volume. Pour les enfants, un journal alimentaire est utilisé pour faciliter le rappel alimentaire. Le journal alimentaire est alors rempli lors du jour de référence par le parent ou tuteur de l’enfant.

Après le rappel de consommation, des questions générales sont posées aux participants à l’aide d’un questionnaire sur ordinateur. Celui-ci aborde des sujets tels que les habitudes alimentaires, l’environnement alimentaire, la littératie alimentaire, la politique alimentaire et la sécurité alimentaire, mais aussi l’activité physique, la sédentarité, le marketing visant les enfants et des données sociodémographiques.

Entre les deux visites, il est demandé aux participants de compléter une enquête (en ligne ou papier) incluant un questionnaire de fréquence alimentaire ainsi que des questions abordant des thèmes plus sensibles comme l’état de santé du participant, s’il a des troubles alimentaires et si le participant a les moyens de s’acheter de la nourriture.

Il est également demandé aux enfants et adolescents de porter un accéléromètre entre les deux visites afin de mesurer l’activité physique de manière objective. Des mesures anthropométriques tels que le poids, la taille et le tour de taille du participant sont prises lors de la deuxième visite à domicile. La température du réfrigérateur est également mesurée. Lors des visites à domicile les participants ont le choix de participer aux deux études annexes consistant en un prélèvement d’échantillons biologiques. L’étude par piqûre au doigt est proposée à tous les participants. L’étude métamorphose est uniquement proposée aux participants entre 18 et 64 ans selon certains critères d’inclusion.

Le recrutement des participants pour l’étude dans la Région de Bruxelles-Capitale et dans la Communauté germanophone se déroule de la même manière que pour l’étude nationale. Seule la méthode d’évaluation de l’alimentation diffère. L’interview s’y déroule sur une seule visite à domicile durant laquelle le participant répond à une enquête de fréquence alimentaire détaillée. Par la suite, un questionnaire général est rempli en reprenant les mêmes thèmes que ceux abordés lors de l’étude nationale. Pour finir, les mesures anthropométriques sont également effectuées (poids, taille et tour de taille). Lors de cet échantillonnage supplémentaire, aucune analyse biologique n’est faite.

Défis

Effectuer une étude de cette ampleur n’est pas un long fleuve tranquille. Le premier défi rencontré jusqu’ici est le faible taux de participation. En effet, une grande proportion des personnes contactées refuse de participer à l’enquête, par manque d’intérêt ou d’information. Bien que les participants reçoivent au préalable une lettre d’invitation et une brochure d’information, celles-ci ne sont pas toujours lues. Pour augmenter la visibilité de l’étude dans les communes sélectionnées, nous avons fait la promotion de l’enquête de consommation alimentaire dans les bulletins communaux et sur les pages Facebook des communes. Nous espérons que cela augmentera la connaissance de l’étude auprès de la population et que cela permettra de faciliter le recrutement des participants pour nos enquêteurs.

Par ailleurs, alors que certaines personnes montrent un réel enthousiasme pour contribuer à l’étude, d’autres ne souhaitent pas participer par un manque d’intérêt, de temps ou une méfiance vis-à-vis de l’étude. Il est également possible que certains participants ne rentrent pas dans nos critères d’inclusions (ex : si le participant ne parle pas français ou s’il est impossible pour le participant de répondre aux questions, par exemple en raison d’un handicap mental). Le taux de participation actuel se situe autour des 25%. Bien que ce taux soit similaire à celui observé dans d’autres études, il rend le travail des enquêteurs plus difficile.

Le deuxième défi à relever est de recruter des enquêteurs et de s’assurer qu’ils réalisent suffisamment d’entretiens chaque mois. Plusieurs enquêteurs ont décidé de quitter l’étude prématurément, pour des raisons diverses :  changements socio-professionnels, manque de temps, démotivation face à la difficulté du recrutement, distance entre le domicile et la commune attribuée. Pour faire face à ce défi, nous sommes particulièrement à la recherche d’enquêteurs résidants ou travaillant dans une des communes sélectionnées ou environnantes. Nous sommes également à la recherche d’étudiants pour venir renforcer temporairement l’équipe. Nos enquêteurs rapportent que la réalisation de ce travail est vécue comme agréable.

Suite de l’étude

La collecte et le « nettoyage » de données est actuellement en cours. Ces données seront ultérieurement liées à différentes bases de données afin d’effectuer des analyses. Les premiers rapports seront attendus pour la fin de l’année 2023.

A la fin du mois de juin nous avions 52 enquêteurs actifs sur 61 communes en Belgique. Depuis mars, plus de 300 personnes ont été complètement interviewés.

Si vous êtes intéressé·e de participer en tant qu’enquêteur dans l’une de ces communes, n’hésitez pas à nous contacter par e-mail : fcs@sciensano.be

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