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L'excès de poids

L’approche de l’excès de poids : différents itinéraires pour un seul objectif.

Le parcours initiatique de l’obésité ou de l’excès de poids chez un·e patient·e s’accompagne systématiquement d’une transformation intime, de la découverte de nouvelles valeurs et s’accompagne souvent de souffrance. Le critère de temps est nécessaire à l’initiation et à la maturation. Vous trouverez différents itinéraires pour accompagner votre patient·e dans ces quelques lignes non exhaustives.

Dorothée Demoiny, diététicienne agréée aux Cliniques Universitaires UCL Saint-Luc de Bruxelles et diététicienne indépendante

Les accompagnements diététiques dans la problématique du poids peuvent vite virer à la recherche du contrôle ou à l’inverse, à sortir de l’hyper-contrôle. Quand le système de régulation naturelle du poids, faisant référence à l’approche homéostatique, ne se raisonne plus, il fait appel à la réflexion mentale et il n’est alors plus connecté. C’est là qu’entre en ligne de compte, les différents itinéraires proposés.

Tout comme sur une carte au trésor, il existe plusieurs chemins possibles parmi ceux-ci :

1.      L’alimentation intuitive ;

2.      L’alimentation consciente ou pleine conscience ;

3.      L’Education Thérapeutique du Patient ou ETP ;

4.      L’approche du G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids).

Il n’est plus à démontrer les conséquences néfastes des régimes restrictifs depuis le rapport de l’ANSES de 2010.

Chacune de ces approches sera présentée dans un article de l’ActuDiéta. Commençons aujourd’hui par détailler ce qu’est l’alimentation intuitive.

1. L’alimentation intuitive

« Intuitive eating » est un concept créé par Evelyn Tribol dans son livre paru pour la première fois en 1995 en outre-Atlantique, mais qui a surtout été relayé au Canada. Écrivain à succès, diététicienne de formation et travaillant dans un cabinet de nutrition en Californie, elle a été la porte-parole nationale de l’American Dietetic Association pendant six ans. Elle a été rédactrice en chef du magazine « Shape » où sa chronique mensuelle « Recipe Makeovers Clovers » est parue pendant 11 ans. Elle est souvent sollicitée par les médias pour son expertise nutritionnelle et a réalisé des centaines d’interview. Conférencière à ses heures perdues, Evelyn Tribol est passionnée et a été surnommée « merveilleusement sage et drôle ». De nombreux magazines nationaux américains l’ont classée parmi les meilleurs nutritionnistes du pays. Elle doit également sa notoriété au tout premier marathon féminin de 1984 où elle s’est qualifiée pour les essais olympiques. Actuellement, âgée de 63 ans, elle pratique encore différents sports. Son livre « Intuitive Eating » remporte un franc succès et a été revu à plusieurs reprises. Evelyn en est actuellement à la cinquième édition de son ouvrage et une traduction française est disponible depuis mai 2021.

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Pour appliquer l’alimentation intuitive à la diététique nous pouvons nous aider de Karine Gravel. En effet, après de nombreuses analyses, elle nous paraît la personne la plus adéquate pour aider à comprendre les principes de l’alimentation intuitive. Karine Gravel nutritionniste et docteur en nutrition au Québec a fait plusieurs recherches sur le sujet et en a répertorié plus de 125 sur Pubmed. Elle est chargée de cours au département de nutrition de l’université de Montréal, formatrice auprès des professionnels de la santé et notamment auteur de blog sur la nutrition et les comportements alimentaires. Elle a remporté plusieurs prix lors de concours sérieux. Membre de l’ordre des diététistes nutritionniste du Québec, des diététistes du Canada et du Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (G.R.O.S.) de Paris, elle a écrit, en 2021, un livre intitulé « De la culture des diète à l’alimentation intuitive » dans lequel elle présente de manière très concrète l’alimentation intuitive.

Avant de démarrer dans l’alimentation intuitive, il est essentiel de comprendre le « paradigme traditionnel » opposé au « nouveau paradigme ».

C’est à partir de ce point que les 10 principes de l’alimentation intuitive peuvent s’appliquer.

Le but de cette approche est d’améliorer l’acte de vie. C’est une solution de rechange aux « diététiques amaigrissantes » (paradigme traditionnel) afin de réguler la faim et la satiété.

Voici quelques détails des différents principes interprétés et vulgarisés par Karen Gravel :

1/Rejeter la culture des diètes

L’objectif de cette approche n’est pas de perdre du poids mais est d’améliorer sa relation avec son corps. Il s’agit de propositions pour faire le ménage et poser ensuite ses limites alimentaires.

2/Honorer sa faim

Le second principe de cette approche nous propose et nous décrit une échelle de faim, d’équilibre énergétique et de quantité et la manière d’éviter le contrôle de la faim et ses extrêmes. Cette partie n’aborde malheureusement pas la restriction cognitive et son traitement mais cela pourrait être utile de l’intégrer.

3/Faire la paix avec les aliments

La mise en évidence des aliments dits « interdits », ceux qu’on n’ose pas manger par peur de prendre du poids ou ceux qu’on estime mauvais, va permettre de travailler les pensées tout en ayant en tête la permission inconditionnelle de manger selon sa faim et son envie.

4/Cesser de catégoriser les aliments

Nous devons arrêter de défier la police de la nourriture, catégoriser certains aliments et certaines pensées, notamment les pensées nuisibles qui proviennent de la culture des diètes qui sont parfois source de culpabilité. L’alimentation saine ne se limite pas à la valeur nutritive des aliments, mais à l’énergie, au plaisir, aux préférences personnelles, etc. Du point de vue clinique, il s’agit d’un discours « intérieur », de ce qu’on pense quand on mange, de ses préférences.

5/Découvrir le plaisir de manger

Découvrir la satisfaction, le plaisir de manger est un atout qui a été annihilé par cette culture de diète et qui a amené à négliger le plaisir et la satisfaction. L’objectif de ce principe est de visualiser l’aspect sensoriel : davantage de plaisir pour plus de satisfaction et pour manger selon ses besoins. Le plaisir alimentaire d’un point de vue physiologique, affectif et émotionnel, social et culturel, ou encore sensoriel et gustatif amène à un plaisir épicurien. Cela permettra de diversifier les sources de plaisir.

6/Considérer sa sensation de rassasiement

Ressentir la satiété et considérer la sensation de rassasiement est un inconditionnel pour pouvoir manger les aliments souhaités. Pour évaluer son niveau de rassasiement, il est nécessaire d’observer ses signaux corporels et faire une pause au milieu des repas.

Précision sur ce point quant au vocabulaire : la langue anglaise ne distingue pas la « satiété » du « rassasiement ».  Il n’y a pas un seul terme, mais une expression qui permet d’expliquer son ressenti. Ce dernier pouvant être interprété d’une manière différente d’un individu à l’autre. C’est pour cette raison qu’il n’y a que peu de différence entre ces deux termes, ce qui peut porter à confusion.

7/Vivre ses émotions avec bienveillance

L’utilisation de la nourriture de différentes façons en lien avec ses émotions, en les identifiant notamment pour se réconforter, se distraire, résoudre des problèmes, etc. mais aussi sous forme de distraction, d’anesthésie ou même de punition permet de repérer les déclencheurs émotionnels. Dans ce chapitre, la gestion de l’alimentation émotionnelle est abordée ainsi que la manière d’y répondre avec bienveillance. Une fois ces nouvelles manières de gérer les situations difficiles acquises, la nourriture peut continuer à être apaisante mais de manière constructive. La relation deviendra alors plus positive au fur et à mesure qu’elle ne sera plus vécue comme mécanisme d’adaptation. La relation deviendra plus agréable et sans danger. Pour ce principe, il est important d’apprendre à respecter son corps et d’apprécier ce qui y est ressenti.

8/Respecter son corps

Ce principe consiste en l’acceptation de soi et permet de distinguer le niveau énergétique optimal entre poids naturel, poids génétique ou encore poids actuel. La valeur est : « tous les corps méritent la dignité. » La définition du « meilleur poids » est un mode de vie sain dans lequel le patient aime son poids. C’est dans ce principe, qu’il est opportun d’aborder la problématique de l’obésité chez l’enfant et de l’intégrer grâce à des images corporelles afin d’induire un mode de vie sain par le biais de son corps.

9/Ressentir les bienfaits de l’activité physique

Le mouvement joue un rôle important dans cette approche. Il vaut mieux choisir son activité physique en fonction de ses préférences plutôt qu’en fonction de ses besoins. Nous devons trouver les obstacles et les facteurs facilitants l’activité physique, l’intégrer ou l’augmenter progressivement. Tout en ressentant ces nombreux bienfaits et en respectant le corps, il faut l’intégrer dans son mode de vie. Déterminer son niveau de stress, d’anxiété, de sommeil par rapport à sa santé physique et mentale est indispensable, tout comme essayer de dissocier activité physique et perte de poids.

10/Honorer sa santé et ses papilles gustatives

Honorer sa santé avec la nutrition bienveillante revient à ne pas s’opposer à manger sainement avec plaisir, à modérer sa satiété et son équilibre nutritionnel, à avoir une vision globale de son alimentation et ainsi à viser le progrès et non la perfection.

Lorsque tous ces points ont été mis en place, les études scientifiques – interprétées avec prudence – montrent les relations directes positives de l’alimentation intuitive par :

Les relations indirectes d’une alimentation intuitive sont :

L’intégration plus positive de l’image du corps, de la compassion envers soi-même et de la satisfaction de soi sont également des points positifs.

Les Américains étant plus inquiets pour leur santé et leur alimentation que les Français ou les Européens, l’objectif de cette première approche est de faire la paix avec la nutrition et de se diriger vers une santé authentique tout en mangeant sainement. Cette santé authentique est le lien entre le monde intérieur des connexions à soi et le monde extérieur des informations de santé.

En conclusion, il s’agit d’une approche positive de l’alimentation, aucun effet secondaire n’a été répertorié, le changement est durable. C’est une approche qui respecte les principes éthiques de bienveillance et de non-malfaisance en cessant la stigmatisation pondérale, en honorant la diversité corporelle et en considérant la santé globale.

Cette pratique montre cependant des limites :

Nous pouvons envisager d’y adjoindre une autre approche qui sera détaillée dans les autres articles.

Bibliographie

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. (2021). Régimes amaigrissants : entretien. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/content/r%C3%A9gimes-amaigrissants-entretien

 

Colin, J.-J., Karsenti, N. (2018). Le plaisir de manger moins avec la pleine conscience. Programme en 9 semaines – 19 exercices audio. Dunod.

 

Dessé, C. (2021). Création d’une consultation d’éducation diététique afin d’augmenter les connaissances diététiques du patient en parcours préopératoire de chirurgie bariatrique (Travail de fin d’études). Haute Ecole Léonard de Vinci, Woluwe.

 

Gaillard, S., Barthassat, V., Pataky, Z., Golay, A. (2011). Un nouveau programme d’éducation thérapeutique pour les patients obèses. Revue Médicale Suisse, 7, 695-699. Retrieved from https://www.revmed.ch/view/510050/4179717/RMS_288_695.pdf

 

Garcia, S. (2022). Alimentation intuitive et alimentation consciente : quelle différence ? Présenté dans le webinaire du GROS du 05 mai.

 

Gravel, K. (2021). De la Culture des diètes à l’alimentation intuitive : réflexions pour manger en paix et apprécier ses cuisses. KO éditions.

 

Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids. (2020, novembre). Congrès 2020 : Alimentation intuitive, peut-on éviter le piège du contrôle ?

 

Groupe de Travail «Évaluation des risques liés à la pratique de régimes à visée amaigrissante ». (2010). Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Rapport d’expertise collective. Anses. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf

 

Groupe de Travail de l’O.M.S. (1998). Education Thérapeutique du Patient. Programmes de formation continue pour professionnels de soins dans le domaine de la prévention des maladies chroniques. Organisation Mondiale de la Santé.

 

Pauchet-Traversat, A.-F. (2007). Guide méthodologique. Structuration d’un programme d’éducation thérapeutique du patient dans le champ des maladies chroniques. Haute Autorité de santé.

 

Pétré, B., Ziegler, O., Guillaume, M. (2019). Éducation thérapeutique du patient obèse en Belgique : contributions du projet EDUDORA. Métabolisme. Vaisseaux, Cœur, Poumons, 24 (3), 20-24. Retrieved from https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/243537/1/EDUDORA%20revue%20VCP%202019%20FR.pdf

 

Ritz, P., Hanaire, H., Estrade, A. (2013). Classeur pédagogique d’un programme d’éducation thérapeutique de proximité pour les patients obèses (OBEPROX). Centre Intégré de l’Obésité Midi-Pyrénées.

 

Tribole, E. (2021). Intuitive Eating for Every Day: 365 Daily Practices & Inspirations to Rediscover the Pleasures of Eating. San Francisco : Chronicle Prism.

 

Tribole, E., Resch, E., Huber, H. (2020). Alimentation intuitive, une approche anti-régime révolutionnaire (4ème éd.). Blackstone Publishing.

Les actualités

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Retrouvez ici la Brève du 05 décembre 2022 reprenant des informations sur le GDGE, les actualités et l'agenda des évènements à venir, les sujets divers.
Le parcours initiatique de l’obésité ou de l’excès de poids chez un·e patient·e s’accompagne systématiquement d’une transformation intime, de la découverte de nouvelles valeurs et s’accompagne souvent de souffrance. Le critère de temps est nécessaire à l’initiation et à la maturation. Vous trouverez différents itinéraires pour accompagner votre patient·e dans ces quelques lignes non exhaustives.
Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce second article s’intéresse aux causes liées aux éléments climatiques.
Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

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La malnutrition en Inde

Les déterminants climatiques de la malnutrition en Inde

Environ 14% de la population indienne est dénutrie (The World Bank Group, 2021). Cette dénutrition répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce second article s’intéresse aux causes liées aux éléments climatiques.

Noélie Dominicy, diététicienne-nutritionniste agréée

Introduction

D’après les prévisions futures, la production mondiale d’aliments de base est susceptible d’être diminuée. Cette baisse sera due à la hausse des températures et à la variation des précipitations et aura un impact sur la prévalence de la malnutrition. La grandeur de ce changement climatique sur la santé n’est qu’approximative et causera, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 250 000 décès supplémentaires entre 2030 et 2050 dont environ 95 000 décès attribués à la dénutrition infantile (OMS, 2018).

Sur plus d’un milliard d’Indiens, environ 700 millions habitent dans les zones rurales qui dépendent directement des secteurs sensibles au climat (agriculture, pêche, etc.) et des ressources naturelles (eau, biodiversité, prairies, etc.) pour leur alimentation (Amutha & Juliet, 2017). Une augmentation de 1 à 2°C aura un effet sur le rendement des cultures céréalières, impactant ainsi l’état nutritionnel de la population (Mahapatra et al., 2021). Étant donné que l’agriculture de l’Inde dépend principalement de la mousson, la perturbation des précipitations peut entrainer de mauvaises récoltes (Shaw et al., 2020).

Les déterminants climatiques de la malnutrition

Température

Une augmentation de 1 à 2°C de la température a un impact négatif sur les cultures, notamment celle des produits céréaliers. Cette baisse de rendement induit, elle-même, un effet négatif sur les apports alimentaires et l’état nutritionnel de la population (Mahapatra et al., 2021). En effet, la production de denrées alimentaires de base, telles que le riz, les pommes de terre et le blé, est significativement associée à la réduction de la prévalence de malnutrition (Rabbi et al., 2021). De plus, en Inde, la principale source de protéines est issue des légumineuses et des céréales. Les protéines étant elles-mêmes un nutriment déterminant dans la prévalence de la malnutrition (Swaminathan et al., 2012).

En Inde, la température moyenne tend à la hausse (figure 1). Une augmentation d’environ 0,62°C par 100 ans est observée. Cette élévation est plus importante pour les températures maximales (0,99°C par 100 ans) que pour les températures minimales (0,24°C par 100 ans). Ce réchauffement est généralement observé lors de la saison post-mousson[1] et se produit de façon plus importante dans les régions du nord et du nord-ouest (Dhimal et al., 2021; The World Bank Group, 2021).

 

 

[1] Les saisons en Inde sont différentes, il y en a quatre aussi : l’hiver de décembre à février, l’été de mars à juin, la mousson de juin à septembre et la post-mousson d’octobre à novembre.

Figure 1 : Observation de la température moyenne de l’Inde de 1901 à 2020 (The World Bank Group, s. d.)

Sécheresse et inondation

En Inde, les pluies sont saisonnières par nature, et donc l’agriculture est tributaire des conditions climatiques. Une diminution significative de pluie l’affecte donc directement. Lors de l’année 2015-2016, la sécheresse était plus sévère dans le nord et dans la péninsule du sud. L’humidité est quant à elle principalement localisée dans l’est et le nord-est (figure 2) (Shaw et al., 2020). Les chocs climatiques, tels que la sécheresse ou les inondations, ont un impact négatif sur la sécurité alimentaire. Cet impact est plus important chez les populations rurales (Brown et al., 2020).

D’une part, une augmentation de la sécheresse induit une augmentation de la prévalence de malnutrition (Amegbor et al., 2020; Hagos et al., 2014; Rabbi et al., 2021). Ceci s’explique par une diminution de la production, notamment céréalière, lors des périodes de sécheresse. Cette diminution   est un prédicteur de malnutrition (Lieber et al., 2020). En effet, les ménages situés dans des régions faisant l’expérience d’une année plus sèche que la moyenne tendent à déclarer plus d’insécurité alimentaire que ceux qui expérimentent une année plus humide que la moyenne (Brown et al., 2020). En Inde, dans 92 districts, il y a une association entre une prévalence plus élevée de retard de croissance lorsque les valeurs de l’indice de condition de sécheresse échelonnée (SDCI) sont faibles, c’est-dire lorsqu’il y a une sécheresse (figure 3a). Cela indique qu’en cas de sécheresse agricole, il y a une déficience d’apports nutritionnels chez les enfants, les rendant plus susceptibles à un retard de croissance. De même, un SDCI plus faible est associé à une prévalence d’insuffisance pondérale plus élevée dans 72 districts (figure 3b). Cette même association se produit dans 36 districts pour l’émaciation (figure 3c) (Shaw et al., 2020). Récemment, l’Inde observe des périodes de sécheresse plus fréquentes. Il y a eu une augmentation de 27% entre la période allant de 1981 à 2011 par rapport à celle allant de 1951 à 1981 (The World Bank Group, 2021).

Figure 2 : Distribution annuelle selon l’Indice de condition de sécheresse échelonné (SDCI) à travers l'Inde pendant l'année 2015-2016. La couleur marron indique une sécheresse sévère grave ; le bleu représente un état humide (Shaw et al., 2020).
Figure 3 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée de l'Inde montrant le regroupement de l’indice de condition de sécheresse échelonnée (SDCI) avec (a) le retard de croissance ; (b) l’insuffisance pondérale et (c) l’émaciation chez les enfants de moins de 5 ans dans les districts de l’Inde, 2015-2016 (Shaw et al., 2020).

D’autre part, une quantité excessive de précipitation peut également perturber la production alimentaire, et de ce fait la production économique, rendant la population plus susceptible de malnutrition (Amegbor et al., 2020; Brown et al., 2020). En Inde, les inondations sont la plus grande source de pertes annuelles liées aux catastrophes (figure 4) dont le coût est estimé à 7 milliards de dollars (The World Bank Group, 2021). Pour cette raison les enfants vivant dans des ménages touchés par des inondations sont deux fois plus susceptibles de souffrir de malnutrition que ceux vivant dans des zones non inondées (Mahapatra et al., 2021). Entre 1950 et 2015, la fréquence des précipitations extrêmes quotidiennes avec des intensités de pluie dépassant 150 mm par jour a augmenté d’environ 75% dans le centre de l’Inde (The World Bank Group, 2021).

Figure 4 :Occurrence annuelle moyenne des risques naturels pour 1900-2018 (The World Bank Group, s. d.).

Degré de vulnérabilité aux changements climatiques

Les régions du pays ont des profils climatiques différents, ainsi que des degrés de vulnérabilité différents dû à une variation climatique (The World Bank Group, s. d.). Par conséquent, les terres agricoles des différents districts ont des degrés de vulnérabilité différents selon leur localisation (figure 5). Les enfants vivant dans ces districts plus vulnérables aux changements climatiques sont plus susceptibles de souffrir de malnutrition que ceux vivants dans les districts moins vulnérables à ces changements (Mahapatra et al., 2021).

Figure 5 : Degré de vulnérabilité de l’agriculture au changement climatique au niveau des districts (Mahapatra et al., 2021).

En effet, les cartes (figure 6) suggèrent que les points chauds entre la malnutrition et le degré de vulnérabilité sont principalement regroupés dans la partie occidentale et centrale de l’Inde. Cependant, il y a également des points chauds dans l’est du pays pour le retard de croissance. 69 districts ayant une vulnérabilité élevée présentent des indicateurs de nutrition élevés concernant l’insuffisance pondérale, le retard de croissance, l’émaciation et l’anémie. De plus, l’ampleur de la différence entre un degré de vulnérabilité très élevé par rapport à un degré de vulnérabilité très faible est beaucoup plus importante pour des enfants victimes d’une malnutrition sévère (Mahapatra et al., 2021).

Figure 6 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée de l'Inde montrant le regroupement entre le degré de vulnérabilité et les indicateurs de malnutrition, (a) retard de croissance ; (b) émaciation ; (c) insuffisance pondérale ; (d) anémie (Mahapatra et al., 2021).

Prévisions futures

Entre 2030 et 2050 il y aura, selon l’OMS, environ 250 000 décès supplémentaires par an, au niveau mondial, directement liés aux changements climatiques. Ces derniers provoqueront également de la malnutrition. Les zones où les infrastructures de santé sont faibles seront moins équipées pour affronter et répondre à ces changements. C’est principalement le cas dans les pays à faibles et moyens revenus (OMS, 2018).

L’Inde est très exposée aux inondations. Étant donné que l’augmentation de la température semble augmenter les précipitations extrêmes, il devrait s’observer, dans le futur, des précipitations encore plus intenses, pouvant mener à des inondations. Ces phénomènes seront plus axés sur les États du Bihar, Uttar Pradesh et West Bengal. Il est estimé que la population affectée par ces inondations augmentera de l’ordre de 22 millions de personnes dans les années 2030 à 2040. De plus, le pays est également exposé à la sécheresse qui devrait s’accentuer, notamment dans le sud et l’est du pays.  En ce qui concerne les températures, les moyennes devraient aussi augmenter de 1,1°C à 4,5°C d’ici la fin du siècle (figure 7). Alors que le pays fait déjà régulièrement l’expérience des températures maximales les plus élevées du monde. De ce fait, les problèmes de santé liés à la chaleur, tels que la malnutrition, devraient s’intensifier, la sécurité alimentaire de l’Inde étant fortement dépendante de la production céréalière. Un tiers des terres du pays est utilisé pour cette production. L’augmentation des évènements climatiques extrêmes aura donc un impact négatif sur la sécurité alimentaire en diminuant le rendement, ce qui aura un impact sur la situation économique, alors que le pays présente déjà une vulnérabilité sociale (The World Bank Group, 2021) et une augmentation du prix des aliments. Ceci baisserait la consommation d’aliments, et donc de calories, ce qui entrainera de fait un effet sur la dénutrition (Fanzo et al., 2018). Les personnes les plus touchées seront les agriculteurs marginaux, les communautés côtières, les familles à faibles revenus et les communautés forestières. L’impact sera également plus important chez les femmes et les groupes défavorisés. Dans les zones urbaines, la hausse des températures va également creuser les inégalités. Et les infrastructures seront confrontées à des pressions quant à la gestion des ressources en eau (The World Bank Group, 2021).

En outre, les changements climatiques affecteraient la qualité des aliments, en matière de diversité, de densité nutritionnelle et de sécurité. (Fanzo et al., 2018; Swaminathan et al., 2012; The World Bank Group, 2021). Les émissions de dioxyde de carbone sont en augmentation depuis 1960. En 58 ans, elles se sont multipliées par 20 (figure 8) (The World Bank Group, s. d.).

Le dioxyde de carbone réduit la qualité nutritionnelle des cultures, notamment celles des céréales et des légumineuses. Dans les cultures, les teneurs en protéines, fer et zinc sont diminuées suite à l’augmentation du dioxyde de carbone. Ceci impacte les carences en macro et micronutriments. D’autant plus que, rappelons-le, les légumineuses sont la principale source de protéines en Inde.

Figure 7 : Projection des températures moyennes en Inde sur base d’un ensemble multi-modèle (période de référence : 1995-2014) (The World Bank Group, s. d.).
Figure 8 : Émissions de dioxyde de carbone en Inde de 1960 à 2018 (en tonnes métriques par habitant) (The World Bank Group, s. d.).

Conclusion

La malnutrition, déjà très présente en Inde, est favorisée par l’augmentation de la température, des sécheresses et des inondations, d’autant plus pour les habitants des zones vulnérables aux changements climatiques. Les États du Bihar, Chhattisgarh, Gujarat, Jharkhand, Karnataka, Madhya Pradesh, Rajasthan et Uttar Pradesh ont une exposition plus importante aux déterminants de la malnutrition.

Pour réduire la charge de la malnutrition, la mise en place de politiques à court et à long terme est primordiale. L’Inde étant vulnérable aux changements climatiques, et l’état nutritionnel de la population étroitement lié au rendement des cultures, adopter une politique visant à réduire l’impact négatif du changement climatique est crucial pour éviter l’augmentation de la malnutrition dans les années à venir.

Bibliographie

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Amutha, D., & Juliet, M. (2017). Impact of Climate Changes on Human Health in India (SSRN Scholarly Paper ID 3071055). Social Science Research Network. https://doi.org/10.2139/ssrn.3071055

 

Brown, M. E., Backer, D., Billing, T., White, P., Grace, K., Doocy, S., & Huth, P. (2020). Empirical studies of factors associated with child malnutrition : Highlighting the evidence about climate and conflict shocks. Food Security, 12(6), 1241‑1252. https://doi.org/10.1007/s12571-020-01041-y

 

Dhimal, M., Bhandari, D., Dhimal, M. L., Kafle, N., Pyakurel, P., Mahotra, N., Akhtar, S., Ismail, T., Dhiman, R. C., Groneberg, D. A., Shrestha, U. B., & Müller, R. (2021). Impact of Climate Change on Health and Well-Being of People in Hindu Kush Himalayan Region : A Narrative Review. Frontiers in Physiology, 12(651189), 1‑13. https://doi.org/10.3389/fphys.2021.651189

 

Fanzo, J., Davis, C., McLaren, R., & Choufani, J. (2018). The effect of climate change across food systems : Implications for nutrition outcomes. Global Food Security, 18, 12‑19. https://doi.org/10.1016/j.gfs.2018.06.001

 

Hagos, S., Lunde, T., Mariam, D. H., Woldehanna, T., & Lindtjørn, B. (2014). Climate change, crop production and child under nutrition in Ethiopia; a longitudinal panel study. BMC Public Health, 14(1), 884‑893. https://doi.org/10.1186/1471-2458-14-884

 

Lieber, M., Chin-Hong, P., Kelly, K., Dandu, M., & Weiser, S. D. (2020). A systematic review and meta-analysis assessing the impact of droughts, flooding, and climate variability on malnutrition. Global Public Health. https://doi.org/10.1080/17441692.2020.1860247

 

Mahapatra, B., Walia, M., Rao, C. A. R., Raju, B. M. K., & Saggurti, N. (2021). Vulnerability of agriculture to climate change increases the risk of child malnutrition : Evidence from a large-scale observational study in India. PLOS ONE, 16(6), e0253637. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0253637

 

Rabbi, S. E., Ali, M., Costa, L. C., Pradhan, P., Rahman, A., Yunus, F. M., & Kropp, J. P. (2021). Identifying climatic and non-climatic determinants of malnutrition prevalence in Bangladesh : A country-wide cross-sectional spatial analysis. Spatial and Spatio-Temporal Epidemiology, 37, 100422. https://doi.org/10.1016/j.sste.2021.100422

 

Shaw, S., Khan, J., & Paswan, B. (2020). Spatial modeling of child malnutrition attributable to drought in India. International Journal of Public Health, 65(3), 281‑290. https://doi.org/10.1007/s00038-020-01353-y

 

Swaminathan, S., Vaz, M., & Kurpad, A. V. (2012). Protein intakes in India. The British Journal of Nutrition, 108 Suppl 2, S50‑S58. https://doi.org/10.1017/S0007114512002413

 

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World Health Organization. (2018, février 1). Climate change and health. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/climate-change-and-health

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Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce second article s’intéresse aux causes liées aux éléments climatiques.
Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

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La malnutrition en Inde

Les déterminants non climatiques de la malnutrition en Inde

Environ 14% de la population indienne est dénutrie (The World Bank Group, 2021). Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

Noélie Dominicy, diététicienne-nutritionniste agréée

Introduction

Au niveau mondial, on estime qu’il y a environ 768 millions de personnes sous-alimentées. Parmi celles-ci, 418 millions habitent en Asie, 282 millions en Afrique et 60 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes (FAO et al., 2021). La malnutrition est majoritairement due à des causes immédiates, notamment un apport alimentaire insuffisant, un manque de soins ou une présence de maladies. Elle est aussi liée à des causes plus latentes, comme un accès inapproprié à la nourriture, des soins inadéquats, ou le manque de services de santé. De plus, elle résulte également de causes fondamentales. Parmi celles-ci, on relève un environnement néfaste (par exemple : un environnement pollué, pas ou peu d’accès à l’eau potable, un logement insalubre, etc.), une éducation inadéquate, les structures politiques et économiques défaillantes et le manque de ressources (Khan & Mohanty, 2018).

Les femmes et les enfants sont particulièrement à haut risque de malnutrition à cause de leur physiologie. La malnutrition chez les femmes amène des conséquences sur leur santé, leur ménage et le développement national (Akeresola & Gayawan, 2020). Quant aux enfants mal nourris, ils sont plus enclins à développer des maladies car ils ont une plus faible résistance aux infections, et en définitive, sont plus à risque de mourir (Gayawan et al., 2019b).

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Hétérogénéité spatiale de la malnutrition en Inde

Dans plusieurs pays à bas et moyens revenus, un certain nombre d’études se sont focalisées sur les disparités géographiques de la malnutrition, démontrant des relations environnementales, spatio-économiques et socio-économiques (Akeresola & Gayawan, 2020; Gayawan, Adebayo, Komolafe, et al., 2019; Rabbi et al., 2021). Ce phénomène de disparité existe également en Inde. Sur base de l’enquête nationale sur la santé des familles (National Family Health Survey, NFHS-4) qui a été réalisée en 2015 et 2016, il a été mis en évidence que la malnutrition infantile est plus élevée dans les districts appartenant aux États de l’Uttar Pradesh, du Bihar, du Jharkhand, du Madhya Pradesh et du Rajasthan (figure 1) (Khan & Mohanty, 2018).

Figure 1 : Cartes de l'Inde montrant la répartition géographique dans les districts de l’Inde des taux de malnutrition chez les enfants : (a) retard de croissance (b) insuffisance pondérale (c) émaciation, 2015-16 (Khan & Mohanty, 2018).

Les déterminants non climatiques de la malnutrition

Facteurs socio-économiques

Les districts indiens ayant une incidence de pauvreté plus élevée présentent une prévalence plus élevée de retard de croissance, d’insuffisance pondérale et d’émaciation. Dans 126 des 640 districts, soit 20% de tous les districts, la plus forte prévalence de retard de croissance est corrélée avec le plus haut niveau de pauvreté (figure 2a). 146 districts, soit 23%, présentent une insuffisance pondérale élevée et une grande pauvreté (figure 2b). À l’inverse, 104 districts sont classés comme « points froids », c’est-à-dire ayant une faible pauvreté et un faible retard de croissance et d’émaciation (figure 2b et c) (Khan & Mohanty, 2018).

Figure 2 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée (LISA) de l'Inde montrant le regroupement géographique (points chauds et points froids) de (a) pauvreté vs retard de croissance ; (b) pauvreté vs insuffisance pondérale ; (c) pauvreté vs émaciation dans les districts de l'Inde, 2015-2016 (Khan & Mohanty, 2018).

De plus, il y a une association entre le niveau d’éducation des femmes et l’indice de richesse de leur ménage avec leur statut nutritionnel. Plus ces femmes se situent dans des classes supérieures, plus elles sont enclines à être en surpoids ou obèses. En effet, ces femmes ont de meilleures chances d’avoir un travail qui leur offre un salaire permettant une alimentation suffisante. Si celles-ci ne font pas attention, l’alimentation peut devenir excessive et mener à une surnutrition (Akeresola & Gayawan, 2020). Le statut nutritionnel d’un enfant s’améliore aussi si l’indice de richesse du ménage et l’éducation de la mère augmentent. Avec plus d’éducation, une femme est habilitée à connaitre et administrer une alimentation saine à elle-même et ses enfants (Akombi et al., 2017; Fagbohungbe et al., 2020; Hernández-Vásquez & Tapia-López, 2017).

Facteurs spatio-économiques

Dans les pays à bas et moyens revenus, habiter dans un lieu rural est associé à une prévalence de la malnutrition plus élevée (Akombi et al., 2017; Hernández-Vásquez & Tapia-López, 2017). En Inde également, le risque de malnutrition infantile est plus élevé en milieu rural (Yadav et al., 2015).

En outre, l’eau, les sanitaires et l’hygiène sont des piliers de la nutrition, étant donné qu’ils préviennent les épisodes répétés de diarrhées et les maladies infectieuses liées à l’eau. La disponibilité ou l’amélioration des sanitaires dans les ménages réduit donc les risques de malnutrition chez les enfants (Chuang et al., 2020; Fagbohungbe et al., 2020; Gera et al., 2018; Rabbi et al., 2021). Donc, un accès sûr aux sources d’eau réduit la probabilité de malnutrition dans les ménages pauvres (figure 3) (Akombi et al., 2017; Cuesta, 2007; Singh et al., 2021). En Inde, une étude suggère une prévalence plus faible de la malnutrition dans les districts où la couverture sanitaire est plus élevée. Et, s’il y a une augmentation du niveau d’assainissement des ménages, il s’observe une tendance claire à la baisse de la malnutrition (Khan & Mohanty, 2018). En effet, cet assainissement réduit le risque d’infection chez les enfants. D’ailleurs, une association positive entre l’assainissement des ménages et la croissance linéaire chez les enfants a été montrée (Rah et al., 2015). En parallèle, la présence de sanitaires de mauvaise qualité agit négativement sur la prévalence de la malnutrition (figure 4) (Singh et al., 2021).

Figure 3 : Présence d’eau potable de mauvaise qualité (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).
Figure 4 : Présence d’installations sanitaires de mauvaise qualité (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).

De plus, l’absence de l’utilisation des infrastructures de santé est associée à une prévalence plus élevée de la malnutrition (Akombi et al., 2017). En Inde, le taux d’utilisation des infrastructures de santé s’améliore là où on observe une hausse du statut de richesse et une meilleure éducation. En outre, les personnes résidant en zone urbaine demandent plus de soins médicaux que celles vivant en zone rurale. Plus il y a des obstacles à l’accès aux soins de santé, moins les services de santé sont demandés. Et dans les zones rurales, l’accessibilité des soins de santé est faible par manque de transports publics. D’autre part, les établissements de santé dans les zones rurales ont des infrastructures inadéquates, sont en manque d’équipements, de médicaments et de personnel soignant. Ceci implique que les résidents des zones rurales, qui représentent 68% de la population indienne, n’aient pas d’autres choix que de se faire soigner par des prestataires informels, tels que des guérisseurs, des charlatans, etc. (Khanam & Hasan, 2020; Kumar & Singh, 2016; Maharatha & Dash, 2021; Taqi et al., 2017).

En Inde, le système de santé se compose d’un mélange de services publics et privés (Kumar & Singh, 2016). Les traitements dans les établissements privés ont des coûts élevés. Et les infrastructures publiques sont de plus en plus inaccessibles à cause d’une insuffisance de service (Sreenu, 2019). Le système des soins de santé publique est développé en un système à trois niveaux : les soins de santé primaires, les centres secondaires et les centres de santé communautaires. Malheureusement, il y a une inégalité quant à la disponibilité de ces systèmes. Certains États présentent un surplus d’infrastructures, alors que d’autres sont en insuffisance (figure 5) (Taqi et al., 2017).

Figure 5 : Insuffisance physique des infrastructures en milieu rural pour les (a) centres secondaires ; (b) soins de santé primaires ; (c) centres de santé communautaires en 2015 (Taqi et al., 2017).

Aussi, l’absence de visites prénatales a un effet négatif sur l’émaciation (figure 6) (Singh et al., 2021). L’amélioration de la couverture des soins prénatals et la suppression des obstacles liés aux inégalités en matière de santé permettraient de réduire progressivement la malnutrition infantile. Cependant, les mères doivent d’abord connaitre les services disponibles et les percevoir comme étant bénéfiques pour leurs enfants (Baqui et al., 2007; Ladusingh & Holendro Singh, 2007; Maharatha & Dash, 2021).

Figure 6 : Absence de visite prénatale (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).

Santé de la mère et allaitement maternel

Plusieurs études montrent un lien entre l’IMC de la mère et l’état nutritionnel de l’enfant (Akombi et al., 2017; Khan & Mohanty, 2018; Singh et al., 2021). En particulier, un IMC faible (inférieur à 18.5 kg/m2) contribue à un retard de croissance du fœtus, ce qui augmente le risque de décès néonatal. Parmi les survivants, un petit poids de naissance peut amener à une dénutrition et un retard de croissance. De plus, un allaitement maternel sous-optimal entraine un risque accru de la mortalité lors des deux premières années de la vie (Black et al., 2013). En Inde, les districts où plus de 30% des femmes ont un IMC inférieur à la normale présentent une prévalence plus élevée de malnutrition infantile par rapport aux autres districts (figure 7) (Khan & Mohanty, 2018).

Figure 7 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée de l'Inde montrant le regroupement géographique (points chauds et points froids) de (a) IMC des mères par rapport au retard de croissance ; (b) IMC des mères par rapport à l'insuffisance pondérale ; (c) IMC des mères par rapport à l'émaciation dans les districts de l'Inde, 2015-2016 (Khan & Mohanty, 2018).

L’allaitement maternel exclusif a un effet positif sur l’état de nutrition de l’enfant (Singh et al., 2021). La pratique de l’alimentation des nourrissons est associée à l’éducation de la mère (Jayachandran & Kuziemko, 2011). De plus, la pratique de l’allaitement maternel est liée avec la réception d’informations lors de la grossesse (Baqui et al., 2007). En Inde, 63 districts constituent des points chauds, c’est-à-dire qu’il y a une absence d’allaitement maternel exclusif et une présence de malnutrition. À l’inverse, 67 districts constituent les points froids (figure 8) (Singh et al., 2021).

Figure 8 : Absence d’allaitement maternel exclusif (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).

Croyances culturelles

Dans d’autres pays à faibles et moyens revenus, certains parents, à cause de leur religion ou de leurs croyances culturelles, privent leurs enfants de consommer certains aliments qui pourraient leur apporter des nutriments dont ils ont besoin ou être bénéfiques pour leur santé (Gayawan, Adebayo, & Waldmann, 2019). Ceci est donc également une explication possible de l’hétérogénéité spatiale de la malnutrition en Inde. Car des parents ne donnent pas certains aliments à leurs enfants pour des raisons culturelles, même si ces aliments s’avèrent nutritifs (Yadav et al., 2015).

Dans le cadre de l’allaitement maternel en Inde, il y a aussi un lien entre le sexe de l’enfant et l’état de nutrition de celui-ci, en défaveur des filles (Singh et al., 2021). Et une étude réalisée dans le district rural de Baramulla, dans la région de Kashmir en Inde, montre que les enfants de sexe féminin sont plus vulnérables à la malnutrition. L’orthodoxie envers les femmes les réprimande. Et elles sont donc négligées dans leur accès à l’alimentation, aux soins de santé et à l’éducation (Lone & Mayer, 2020). Le traitement des filles, en matière de nutrition, dépend aussi du degré d’éducation de la mère : il y a plus de discrimination si la mère est analphabète (Borooah, 2004).

Conclusion

La malnutrition est très présente en Inde et est distribuée spatialement de manière hétérogène. Cette malnutrition est principalement regroupée dans les zones géographiques où les niveaux de pauvreté et d’éducation des femmes sont les plus bas. De plus, le lieu de résidence a un impact sur l’état de nutrition. C’est-à-dire que les habitants des zones rurales sont plus enclins à la malnutrition. La présence de sanitaires, d’un accès à l’eau potable et de l’utilisation des infrastructures de santé sont aussi des facteurs déterminants pour réduire la malnutrition.

Pour réduire la charge de la malnutrition dans le pays, la mise en place de politiques à court et à long terme est primordiale. Il est nécessaire d’assurer l’éducation des femmes et de promouvoir la santé et l’alimentation équilibrée. Ces politiques doivent agir de façon globale et ciblée. En effet, octroyer un budget plus important dans les zones les plus touchées pourra réduire les inégalités en termes de malnutrition dans le pays. Aussi, améliorer l’accessibilité, les infrastructures de santé dans les zones en pénurie ainsi que leurs équipements permettra à la population de pouvoir en bénéficier et, en définitive améliorer son état nutritionnel et sa santé de manière générale.

Bibliographie

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Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce second article s’intéresse aux causes liées aux éléments climatiques.
Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

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Travail de fin d'études

« Deux semaines de menus autour de l’Assiette saine planétaire de EAT-Lancet », un e-book de trente recettes pour encourager vos patients à adopter une alimentation durable et flexitarienne.

Compte tenu du réchauffement climatique actuel, la création d’un système alimentaire durable est devenue indispensable et urgent. Les diététiciens ont un rôle essentiel à jouer dans la transition écologique afin de sensibiliser leurs patients à adopter une alimentation respectueuse de la planète et de leur santé. A l’initiative du Groupe des Diététiciens pour l’Écologie Alimentaire (GDEA), un fréquentiel et un e-book de deux semaines de menus ont été réalisés autour de l’Assiette saine planétaire de EAT-Lancet.

Hélène Mambourg, diététicienne agréée
Alexandra Gatel, diététicienne agréée, maître de formation pratique au sein de la Haute École Léonard de Vinci - Département diététique

Cet e-book a été réalisé dans le cadre du travail de fin d’études d’Hélène Mambourg à la Haute École Léonard de Vinci – Département diététique, encadré par Madame Alexandra Gatel, diététicienne-nutritionniste.

Ce projet est une initiative du GDEA, avec l’asbl AKTINA soutenue par l’Agence pour une Vie de Qualité (AViQ) pour son application Batra « Comprendre pour manger en paix » et pour la campagne « C’est trop Bon ! – Bon à manger, Bon pour mon corps, Bon pour la planète » avec Pascale Marcoux, diététicienne-nutritionniste.

Présentation de EAT-Lancet

Fondation internationale à but non lucratif, EAT-Lancet est une plateforme mondiale scientifique qui œuvre pour transformer le système alimentaire actuel en un système juste et durable au service de l’humanité et de la planète.

Selon EAT-Lancet, « l’alimentation est le levier le plus puissant pour optimiser la santé humaine et la durabilité environnementale ». Notre système agroalimentaire actuel menace à la fois la stabilité de notre planète et la santé humaine car la production alimentaire constitue le principal facteur de dégradation environnementale. De nombreuses preuves scientifiques établissent des liens entre le système alimentaire, la santé humaine et la durabilité de l’environnement. Cependant, il n’existe aucun objectif scientifique universel en faveur d’un système alimentaire au service de la durabilité de la planète et de la santé humaine.

C’est pour cette raison que la Commission EAT-Lancet a réuni 37 experts de différents domaines (santé publique, agriculture, sciences politiques, durabilité environnementale, etc.) provenant de 16 pays afin de définir des objectifs mondiaux et de les traduire en actions concrètes. L’objectif est d’atteindre d’ici 2050 une production alimentaire durable et une alimentation saine pour une population mondiale de 10 milliards d’habitants en poursuivant l’Accord de Paris pour le Climat et les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies (1).

Un objectif : nourrir de manière saine et durable 10 milliards d’humains en 2050

La plupart des études qui analysent les impacts environnementaux de l’alimentation concluent qu’une alimentation riche en végétaux (fruits, légumes, noix, céréales complètes) et qui contient une petite proportion d’aliments d’origine animale présente des avantages à la fois en termes de santé et d’environnement.

En effet, l’adoption d’une alimentation saine permettrait d’épargner environ 11 millions de décès prématurés par an (1).

L’Assiette saine planétaire adaptée à la Belgique

L’Assiette saine planétaire fournit par catégorie d’aliments la quantité moyenne à consommer. Cette quantité a été ajustée en fonction des habitudes alimentaires des Belges (2) et des recommandations du Conseil Supérieur de la Santé (3, 4, 5) sur base d’un apport énergétique moyen de 2000kcal par jour pour un adulte (18-64 ans) en bonne santé ayant une activité physique modérée.

Une alimentation saine : moins de viande et plus de fruits, de légumes et de légumineuses

Le nouveau système alimentaire durable prévoit de doubler la consommation mondiale de fruits, légumes, noix et légumineuses et de diminuer de moitié la consommation de viande rouge et de sucre. L’Assiette saine planétaire sera composée d’une demi-assiette de fruits et légumes tandis que la deuxième moitié sera composée principalement de céréales complètes, de protéines végétales, de matières grasses insaturées et de quantités limitées de protéines animales, de céréales raffinées, d’aliments hautement transformés et de sucres ajoutés (1).

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Figure 1 : Le nouveau système alimentaire durable

Dans cet e-book, les repas ont été élaborés avec des ingrédients locaux, de saison (automne-hiver), majoritairement bruts et issus de l’agriculture biologique. Les quelques produits n’entrant pas dans cette catégorie ont été sélectionnés en fonction de leur caractère équitable et selon leur moyen de transport à faible impact en carbone.

Dans la liste des ingrédients, leur provenance (pays où ils sont cultivés) est mentionnée ainsi que le nom de leurs fournisseurs à titre indicatif.

Cette application permet de scanner les codes-barres alimentaires et d’accéder aux informations obligatoires avant tout acte d’achat. Cette application 100% belge et gratuite permet de configurer des alertes en paramétrant des préférences personnalisées et anonymes telles que des valeurs nutritionnelles, des scores, labels, certifications, des allergènes et des additifs. (6)

C’est simple, sain, bon, durable et c’est indispensable !

Bibliographie

(1) Willett, W., Rockström, J., Loken, B., Springmann, M., Lang, T., Vermeulen, S., Garnett, T., Tilman, D., DeClerck, F., Wood, A., Jonell, M., Clark, M., Gordon, L. J., Fanzo, J., Hawkes, C., Zurayk, R., Rivera, J. A., de Vries, W., Majele Sibanda, L., Murray, C. J. L. (2019). Food in the Anthropocene: the EAT–Lancet Commission on healthy diets from sustainable food systems. The Lancet, 393(10170), 447-492. https://doi.org/10.1016/s0140-6736(18)31788-4

 

(2) De Ridder, K., Bel, S., Brocatus, L., Lebacq, T., Ost, C., & Teppers, E. (2016). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. Institut Scientifique de Santé Publique.

https://fcs.wiv-isp.be/nl/Gedeelde%20%20documenten/FRANS/Resume_FR_finaal_web.pdf

(3) Conseil Supérieur de la Santé. (2016). Recommandations nutritionnelles pour la Belgique – 2016 (CSS n° 9285).

 

(4) Conseil Supérieur de la Santé. (2019). Recommandations alimentaires pour la population Belge adulte – 2019 (CSS n° 9284).

 

(5) Conseil Supérieur de la Santé. (2021). Alimentation végétarienne – 2021 (CSS n° 9445). https://www.health.belgium.be/sites/default/files/uploads/fields/fpshealth_theme_file/210409_css-9445_alimentation_vegetarienne_vweb.pdf

 

(6) Batra (s.d.). Comprends ce que tu achètes avec Batra ! Batra. https://batra.be/application-alimentaire/

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Le parcours initiatique de l’obésité ou de l’excès de poids chez un·e patient·e s’accompagne systématiquement d’une transformation intime, de la découverte de nouvelles valeurs et s’accompagne souvent de souffrance. Le critère de temps est nécessaire à l’initiation et à la maturation. Vous trouverez différents itinéraires pour accompagner votre patient·e dans ces quelques lignes non exhaustives.
Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce second article s’intéresse aux causes liées aux éléments climatiques.
Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

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Brève spéciale | Les Journées Européennes francophones des Diététicien·ne·s ⭐

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Bienvenue à Lyon !

Cher·e·s diététicien·ne·s,

Comme vous le savez, l’UPDLF participe à l’organisation des JED – Journées Européennes francophones des Diététicien.ne.s, qui se dérouleront du 27 au 29 octobre 2022 au Centre des Congrès de Lyon.

Retrouvez ci-dessous un avant goût des JED avec le cinquième focus sur un des conférencier : Jean-Marc David.

Bonne lecture !

Pour cette édition inédite, le programme évolue ! Venez assister à une session dédiée à l’offre alimentaire et la restauration hors domicile avec deux thématiques : 

Focus sur l’une des conférences prévues lors de la session « Loi EGALIM, Enjeux et perspectives pour les diététicien.ne.s »:

« Dans un contexte inflationniste plus que délicat lié à la fois à la reprise après Covid, les bouleversements géopolitiques et sociologiques ainsi que par le changement climatique, il semble plus que jamais difficile de répondre aux objectifs d’une alimentation saine et durable en restauration collective.

Cependant, la loi Egalim a posé la feuille de route et c’est bien l’ensemble des acteurs de la filière qui est concerné. Alors comment répondre à ces injonctions contradictoires (et pourtant nécessaires) dans le cadre a priori contraint des marchés publiques ? »

Jean-Mard DAVID, Chef de projet politiques achats, ville de Paris, Direction des Affaires Scolaires.

Conférence prévue le vendredi 28 octobre 2022 matin en salle Rhône 2.

Inscriptions 

N’hésitez plus et inscrivez-vous ! Le congrès se rapproche à grand pas.

Programme scientifique

Un programme d’envergure internationale en langue française vous attend

Le secrétariat est à l’écoute de toutes vos questions par retour de mail.

 

A bientôt à Lyon pour vivre avec nous cet événement inédit, riche d’échanges et de partages,

Céline Dehaen

Secrétariat de l’UPDLF
Union Professionnelle Diététiciens de Langue Française – asbl
Adresse postale: Rue des frères Poels, 46 – 1325 Dion-le-Val
Téléphone: +32 (0)478 720 250
Adresse mail : secretariat.updlf@gmail.com
Site internet : www.lesdieteticiens.be

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Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce second article s’intéresse aux causes liées aux éléments climatiques.
Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

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Bienvenue à Lyon !

Cher·e·s diététicien·ne·s,

Comme vous le savez, l’UPDLF participe à l’organisation des JED – Journées Européennes francophones des Diététicien.ne.s, qui se dérouleront du 27 au 29 octobre 2022 au Centre des Congrès de Lyon.

C’est aujourd’hui le dernier jour pour profiter du tarif d’inscription réduit.
Dès demain, le tarif d’inscription passera de :

> 260 à 335 € pour les membres de l’UPDLF/AFDN/ANDL/ASDD

> 510 à 610€ pour les non-membres

Inscrivez-vous vite !

Le planning des ateliers et symposiums est en ligne !

Consultez dès à présent la liste de nos 15 ateliers et 5 symposiums proposés les jeudi 27 et vendredi 28 octobre au Centre de Congrès de Lyon.

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A bientôt à Lyon pour vivre avec nous cet événement inédit, riche d’échanges et de partages,

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Environ 14% de la population indienne est dénutrie. Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

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