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COVID-19

Conséquences du confinement lié à la COVID sur l’alimentation et l’activité physique en Belgique

Cet article présente les résultats d’une enquête réalisée dans le cadre d’un master en sciences de la santé publique à l’UCLouvain. Le but de l’enquête était d’évaluer les effets du confinement lié à l’épidémie du coronavirus sur les habitudes alimentaires et les modes de vie de la population en Belgique.

Zoé De Bruyne, diététicienne agrée et maître en santé publique

Sandy Tubeuf, professeure, PhD, économiste de la santé, Université catholique de Louvain (UCLouvain)

1. Les conséquences du confinement

D’après Mengin et al. (2020), le confinement a eu des conséquences sur la santé mentale telles qu’un sentiment d’ennui, des troubles du sommeil, des troubles anxieux, un risque accru de dépression ainsi que des troubles du comportement alimentaire (TCA). De plus, l’exposition plus importante aux publicités alimentaires aurait aussi conduit à des compulsions alimentaires ainsi qu’une prise de poids (Boswell & Kober, 2015).

2. Les changements alimentaires liés au confinement

Plusieurs études se sont penchées sur les changements alimentaires durant le confinement et leurs résultats divergent. Alors que dans une étude américaine la majorité des répondants (43,6 à 87,4 %) déclare ne pas avoir changé leurs habitudes alimentaires (Bin Zarah et al, 2020), selon une enquête espagnole, un peu plus de la moitié des répondants (54,4%) rapportent avoir changé leur alimentation pendant le confinement (López-Moreno et al, 2020).

Ces changements peuvent prendre deux formes. Tout d’abord, il peut s’agir de changements favorables à une alimentation plus saine. Par exemple, une alimentation qui s’accompagne d’une diminution de la consommation d’aliments frits, d’aliments de restauration rapide, de pâtisseries, de viandes rouges et de boissons sucrées ainsi qu’une augmentation de la consommation de légumes, de poisson, d’huile d’olive et de légumineuses (Rodríguez-Pérez et al, 2020). Certains de ces changements alimentaires peuvent aussi être néfastes pour la santé s’accompagnant d’une augmentation de la consommation d’alcool et de bonbons à la suite du confinement (Błaszczyk- Bębenek et al, 2020), d’une diminution de la consommation de fruits, de légumes, de produits laitiers et de poissons et crustacés (Bin Zarah et al, 2020).

D’une manière plus générale, le confinement a souvent changé les modes de vie liés aux habitudes alimentaires, il y a eu une augmentation du temps pour cuisiner et organiser les repas ainsi qu’un accroissement des recherches internet sur les recettes traditionnelles et la cuisine à la maison via Google trends (Rodríguez-Pérez et al, 2020).

Concernant la variation du poids, l’ensemble des études mettent en avant une augmentation du poids (Błaszczyk- Bębenek et al, 2020. Bin Zarah et al, 2020. López-Moreno et al, 2020. Rodríguez-Pérez et al, 2020).

3. Type d’étude

L’enquête menée entre janvier et mars 2021 est une étude observationnelle et transversale. Il s’agit d’une enquête en ligne avec participation libre des personnes âgées de plus de 18 ans et vivant en Belgique.

4. Description de l’échantillon

Un échantillon exploitable de 330 personnes a participé à l’enquête. L’âge moyen est de 30,9 ans, l’âge minimum de 18 ans et l’âge maximum de 75 ans. Les femmes sont majoritaires dans notre échantillon avec 273/330 sujets. L’indice de masse corporel est normal chez 60,5% de l’échantillon, soit la catégorie la plus représentée. 4% sont en insuffisance pondérale, 23% sont en surpoids et 12,5% en obésité. Concernant le niveau d’étude, la grande majorité de l’échantillon est en possession d’un diplôme de l’enseignement supérieur (279 sujets).

Tableau n°1 : Tableau descriptif de l’échantillon
VariablesDescriptionEffectifs (%)
Sexe Femme
Homme
273 (83)
57 (17)
Classes d’âges 18 - 23 ans
23 - 24 ans
24 - 28 ans
28 - 40 ans
> 40 ans
55 (17)
68 (20,5)
74 (22)
71 (21,5)
62 (19)
Situation professionnelle Salarié
Ouvrier
Indépendant
Étudiant
Recherche emploi
Pensionné
Ne sait pas/ ne veut pas répondre
148 (45)
13 (4)
20 (6)
129 (39)
15 (4,5)
3 (1)
2 (0,5)
Niveau d’études Primaire
Secondaire inférieur
Secondaire supérieur
Enseignement supérieur (universitaire ou autre)
1 (0,5)
8 (2,5)
42 (12,5)
279 (84,5)
Auto-évaluation d’une
modification du poids due au
confinement*
Similaire
Plus élevé
Moins élevé
149 (45,5)
72 (22)
107(32,5)
IMC* Insuffisance pondérale
Poids normal
Surpoids
Obésité classe I
Obésité classe II
Obésité classe III
13 (4)
199 (60,5)
75 (23)
29 (9)
8 (2,5)
4 (1)

* 2 données manquantes (0,6%)

5. Résultats

L’analyse des réponses a permis de mettre en évidence les changements de la population belge avant et après le confinement dans la consommation de certains aliments, dans leur poids et la régularité de leur activité physique. À l’aide des différentes variables socioéconomiques collectées, les profils des personnes ayant connu un changement alimentaire durant le confinement ont pu être mis en évidence.

5.1. Les catégories alimentaires consommées avant et après le confinement

Alors que la consommation de fruits frais a légèrement diminué, celle de légumineuses a légèrement augmenté avant et après le confinement. Par ailleurs, les consommations de cocktails et de pâtisserie ont elles aussi légèrement augmenté.

Un aliment dont la consommation semble avoir notablement changé durant le confinement est la consommation de préparations à base de viande, des salades à tartiner à base de mayonnaise et les plats préparés. Nous observons (figure n°1) que la consommation de préparation à base de viande et de salade à tartiner à base de mayonnaise a augmenté après le confinement une consommation de 1 à 3 fois par mois. Cependant, nous observons une diminution dans la consommation de préparation à base de viande et de plats préparés pour les consommations de 2 à 4 fois par semaine.

Figure n°1 : Distribution de la consommation avant et après le confinement

5.2. L’activité physique et le poids

Le confinement a eu un impact négatif sur l’activité́ physique avec une augmentation du nombre de personnes rapportant ne jamais faire de sport et une diminution de la pratique d’une activité́ sportive chez les sujets qui pratiquait 2 à 4 fois par semaine du sport par semaine avant le confinement (voir figure 2). Les autres catégories restent plus ou moins similaires.

Alors que près de la moitié de l’échantillon (43%) rapporte avoir fait moins de sport à la suite du confinement, une personne sur trois rapporte ne pas avoir changé ses habitudes et une personne sur quatre a fait plus de sport qu’avant le confinement.

Concernant le poids, près de la moitié des enquêtés déclarent ne pas avoir connu une modification de poids à la suite du confinement alors qu’une personne sur trois aurait perdu du poids et une sur cinq en aurait pris.

Figure n°2 : Distribution de l’activité́ physique

5.3. Les facteurs influençant un changement alimentaire à la suite du confinement

En analysant plus précisément les profils des enquêtés, il apparait que les personnes qui ont connu un changement alimentaire négatif à la suite du confinement avaient un IMC plus élevé alors que celles qui ont connu un changement alimentaire positif vivaient en famille et étaient plutôt jeunes. Dans les deux cas, ce changement qu’il soit positif ou négatif était significativement associé avec une activité physique. En effet, pratiquer une activité physique avant et après le confinement renforçait des changements alimentaires positifs. À l’inverse, ne pas pratiquer d’activité physique régulière était associé avec un changement alimentaire négatif.

6. Conclusion

6.1. Les facteurs influençant un changement alimentaire à la suite du confinement

Cette étude suggère que les personnes qui avaient un IMC en surpoids ou en obésité́ et qui avaient probablement de plus mauvaises habitudes alimentaires que le reste de la population ont accentué leurs « mauvaises » habitudes alimentaires à la suite du confinement.

Par ailleurs, cette étude confirme que l’activité́ physique avant et après le confinement est corrélée aux changements alimentaires tant négatifs que positifs ce qui avait déjà été montré dans des études antérieures (Forgues, 2018). Ce résultat conduit à supposer que les personnes se sentant entrainées dans des habitudes alimentaires néfastes pour la santé ont été moins motivées ou dans l’incapacité, du fait des mesures gouvernementales, de continuer une activité physique comme elles pouvaient le faire avant le confinement.

6.2. Les catégories alimentaires consommées avant et après le confinement

L’augmentation de la consommation de pâtisseries observée pourrait en partie s’expliquer par l’augmentation du temps disponible au domicile du fait des mesures de confinement. Les réseaux sociaux ont rapporté un essor dans la passion pour la pâtisserie et la boulangerie durant la pandémie (Di Renzo et al, 2020).

Les salades à tartiner à base de mayonnaise facilitent un repas type « tartines » qui peut être une solution de facilité pour les personnes en télétravail, qui n’avaient plus l’occasion de manger sur leur lieu de travail et devaient donc se préparer deux repas par jour. En effet, la fermeture des restaurants et la nécessité́ de préparer deux repas par jour peuvent avoir conduit la population à recourir plus souvent aux plats préparés. Mais à l’inverse, le gain de temps passé à la maison a réduit cette consommation de plats préparés chez certaines personnes de l’étude.

6.3. Limites de l’échantillon

Bien que notre échantillon comporte un nombre relativement élevé́ de participants (n=330), il était surtout composé de femmes (83%), de jeunes adultes (moyenne d’âge 31 ans), 84,5% en possession d’un diplôme de l’enseignement supérieure. Cette étude n’est donc pas représentative de la population belge en général et il est donc difficile de généraliser les résultats. Cela étant, l’enquête fait état de certains faits saillants dans cette sous-population jeune et socialement favorisée : des changements alimentaires et dans la pratique d’une activité sportive avant et après le confinement lié au coronavirus. Ainsi, la non-représentativité de cette enquête tend à suggérer que ces résultats sont une borne inférieure de l’ampleur des changements néfastes à la santé et des conséquences futures sur la santé de la population. Les changements négatifs sur l’alimentation et sur la diminution de la pratique sportive sont susceptibles d’être encore plus importants dans des sous-groupes de la population moins socialement favorisés, qui ont subi des pertes d’emploi ou de revenu accrues en raison de la pandémie.

Ce premier constat appelle les diététiciens à veiller dans les mois qui viennent à une prise en charge des patients qui prend en compte les difficultés qu’ils auront pu connaitre dans le maintien ou l’adoption d’une alimentation saine et équilibrée durant les confinements et la pandémie de coronavirus. Il sera important d’envisager un programme d’activités sportives adéquat pour une prise en charge optimale et durable à l’ensemble de la population avec une attention particulière aux personnes en surpoids et en obésité.

Bibliographie

Bin Zarah, A., Enriquez-Marulanda, J., & Andrade, J. M. (2020). Relationship between Dietary Habits, Food Attitudes and Food Security Status among Adults Living within the United States Three Months Post-Mandated Quarantine : A Cross-Sectional Study. Nutrients, 12(11), 3468. https://doi.org/10.3390/nu12113468

 

Błaszczyk-Bębenek, E., Jagielski, P., Bolesławska, I., Jagielska, A., Nitsch-Osuch, A., & Kawalec, P. (2020). Nutrition Behaviors in Polish Adults before and during COVID-19 Lockdown. Nutrients, 12(10), 3084. https://doi.org/10.3390/nu12103084

 

Di Renzo, L., Gualtieri, P., Pivari, F., Soldati, L., Attinà, A., Cinelli, G., Leggeri, C., Caparello, G., Barrea, L., Scerbo, F., Esposito, E., & De Lorenzo, A. (2020). Eating habits and lifestyle changes during COVID-19 lockdown : An Italian survey. Journal of Translational Medicine, 18(1), 229. https://doi.org/10.1186/s12967-020-02399-5

 

Forgues Catherine. (2018). Influence de la motivation autodéterminée à l’alimentation et à l’activité physique sur la santé d’étudiants universitaires.Mémoire de maîtrise, Université du Québec à Chicoutimi.

 

López-Moreno, M., López, M. T. I., Miguel, M., & Garcés-Rimón, M. (2020). Physical and Psychological Effects Related to Food Habits and Lifestyle Changes Derived from COVID-19 Home Confinement in the Spanish Population. Nutrients, 12(11), 3445. https://doi.org/10.3390/nu12113445

 

Mengin, A., Allé, M. C., Rolling, J., Ligier, F., Schroder, C., Lalanne, L., Berna, F., Jardri, R., Vaiva, G., Geoffroy, P. A., Brunault, P., Thibaut, F., Chevance, A., & Giersch, A. (2020). Conséquences psychopathologiques du confinement. L’Encéphale, 46(3), S43‑S52. https://doi.org/10.1016/j.encep.2020.04.007

 

Rodríguez-Pérez, C., Molina-Montes, E., Verardo, V., Artacho, R., García-Villanova, B., Guerra-Hernández, E. J., & Ruíz-López, M. D. (2020). Changes in Dietary Behaviours during the COVID-19 Outbreak Confinement in the Spanish COVIDiet Study. Nutrients, 12(6), 1730. https://doi.org/10.3390/nu12061730

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Cet article présente les résultats d’une enquête réalisée dans le cadre d’un master en sciences de la santé publique à l’UCLouvain. Le but de l’enquête était d'évaluer les effets du confinement lié à l’épidémie du coronavirus sur les habitudes alimentaires et les modes de vie de la population en Belgique.
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Lors de la Journée d’Etude (JE) 2020, nous avions demandé à chaque Groupe des Diététicien·ne·s (GD) de notre asbl de nous transmettre un poster. Découvrez aujourd'hui le poster du GDI.

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Le Groupe des Diététicien·ne·s Indépendant·e·s (GDI)

Lors de la Journée d’Etude (JE) 2020, nous avions demandé à chaque Groupe des Diététicien·ne·s (GD) de notre asbl de nous transmettre un poster. Découvrez aujourd’hui le poster du GDI.

Ce poster est sobre, élégant et structuré, il nous montre une certaine détermination, une rigueur et une harmonie. Les valeurs du groupe sont clairement identifiées et assurent un message important : le partage afin de s’unir et devenir plus fort.

Présentation du GDI

Notre groupe des diététiciens indépendants exerce principalement dans le domaine des consultations privées, en Centre Médical, en Maison Médicale ou à domicile, et ce à titre principal ou à titre complémentaire. Nous avons également des consultations en ligne. Par ailleurs, plusieurs d’entre nous animent des ateliers culinaires, donnent des conférences dans les écoles, en entreprise, en pharmacie ou font de la consultance. Le GDI est actuellement composé de 20 diététiciennes dont 12 actives.

C’est au travers de nos valeurs d’entraide et de solidarité, de convivialité et de bienveillance, que nous faisons valoir notre intelligence collective. Nous unissons nos compétences et sommes dès lors complémentaires.

Nous mettons à profit…

Nous faisons appel à notre créativité en élaborant ou en remettant à jour des documents spécifiques pour nos patients, des trucs et astuces ainsi que des jeux adaptés. Pour ce faire, nous travaillons par petits groupes et mettons ce travail en commun lors de nos réunions. Notre souhait est d’avoir une cohérence dans la prise en charge de nos patients. Nous apprécions la richesse de nos échanges et avons plaisir à confronter nos idées et pratiques.

Par la formation continue, nous actualisons nos savoirs théoriques et pratiques, nous rencontrons d’autres professionnels, ce qui nous permet par la suite de partager nos connaissances lors de nos réunions.

Nous prenons très à cœur la défense de notre profession de diététicien·ne·s en cherchant à renforcer notre visibilité et crédibilité. Voici l’un ou l’autre projet que nous avons réalisé : la prescription médicale pour adultes et la prescription médicale pour enfants ; notre implication dans la semaine de promotion du diététicien.

Mais encore… nous saisissons les opportunités de travail (opération Carrefour) et nous apprécions le soutien indéniable de l’UPDLF dans nos projets !

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Le Groupe des Diététicien·ne·s en Néphrologie (GDN)

Lors de la Journée d’Etude (JE) 2020, nous avions demandé à chaque Groupe des Diététicien·ne·s (GD) de notre asbl de nous transmettre un poster. Découvrez aujourd’hui le poster du GDN.

Ce poster coloré et dynamique nous présente le Groupe des Diététiciens en néphrologie (GDN).

La partie supérieure du poster nous explique le fonctionnement du groupe : qui compose ce groupe, où et quand se réunissent-ils, en quoi consiste ces réunions et quels sont les objectifs du groupe.

 

La partie inférieure quant à elle nous montre les nombreux outils réalisés par le GDN, à destination des patients et en fonction de leur pathologie.

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Consultations de diététique

Cinq conseils pour dynamiser vos prises en charge diététiques

Cet article vous présente 5 axes de travail pour réaliser des prises en charge diététiques plus efficaces, fun, agréables et motivantes, non seulement pour les patients, mais aussi pour les diététicien·ne·s !

Article co-écrit par :
Elise Bricoult, diététicienne agréée, indépendante depuis 2009
Diplômée de l’Institut Paul Lambin (IPL) en 2008, co-responsable du Groupement des Diététicien·ne·s Indépendant·e·s (GDI)
Co-Fondatrice :
- Diet’ en Transition, formations en ligne pour diététicien·ne·s indépendant·e·s
- LudiConsult : des jeux tout prêts pour des consultations diététiques plus ludiques

Nicolas Portetelle
, Co-Fondateur de Diet’en transition

Diététicien·ne indépendant·e : un métier (presque) parfait

Diététicien·ne indépendant·e : quel beau métier ! Le côté indépendant nous permet d’organiser nos journées comme on le souhaite, sans “chef” pour nous dire quoi faire. Cela nous permet aussi de jouir d’une totale liberté sur la manière dont nous prenons en charge nos patient·e·s (durée, structure, tarifs, etc).

Mais cette profession vient aussi avec de nombreux challenges et défis à relever, pas forcément présents il y a 10 ou 15 ans. Selon moi, il y en a 3 principaux.

Le premier est l’apparition d’autres professions (telles que nutrithérapeutes, coachs en nutrition, nutritionnistes, etc.) proposant soi-disant des services similaires à ce qu’un·e diététicien·ne pourrait fournir.

Le deuxième est le développement galopant d’internet. Ce dernier, combiné avec la popularisation des smartphones est devenu la source n°1 d’information où l’on y trouve tout et son contraire en matière de nutrition.

Et enfin le troisième, est l’environnement actuel.  Nous vivons dans un monde où tout est extrêmement rapide voire instantané : les livraisons, la messagerie, les distractions permanente, etc.

La tendance globale est la “gratification immédiate”. Nous voulons tout et tout de suite. Il n’est donc pas facile d’embarquer nos patients sur des changements durable et sur le long terme.

Pour toutes ces raisons, nos prises en charge doivent évoluer, nous devons nous réinventer. Non seulement pour maintenir la pérennité de notre entreprise, mais aussi pour améliorer, dépoussiérer l’image de la profession de diététicien·ne auprès du grand public.

La meilleure manière de faire cela, c’est de proposer des prises en charge de qualité dit « au TOP » pour nos patients, de faire des campagnes d’information ou publicitaire afin de revaloriser notre métier.

Nous allons nous pencher sur 5 éléments clés pour construire un système de prise en charge au TOP pour nos patients.

Une prise en charge au TOP : qu’est-ce que c’est ?

Si vous avez 5 min, je vous encourage à réfléchir profondément à cette question.

En effet, durant nos études, ce sujet n’est que très peu évoqué voire pas du tout.

A la sortie de notre cursus, nous sommes des expert·e·s du “quoi”. C’est-à-dire que nous savons ce qui doit être changé dans l’alimentation de nos patient·e·s une fois le problème exposé.

Si nos patient·e·s étaient des petits robots, il suffirait alors simplement de leur dire quoi faire. Ils exécuteraient alors tout à la perfection et les résultats seraient au rendez-vous dans 99% des cas. En pratique, c’est parfois loin d’être le cas. Chaque patient·e a sa “vie” avec ses contraintes personnelles / professionnelles, ses émotions et ses imprévus.

Tous ces éléments constituent des obstacles à l’implémentation de nos conseils.

Une prise en charge au TOP, doit donc faire en sorte de maximiser les chances d’implantation sur le long terme (quelques mois, voire plusieurs années).

Seule cette approche sur le long terme va permettre d’ancrer en profondeur des nouvelles habitudes qui amèneront les patient·e·s vers leur autonomie tout en maximisant les bénéfices pour leur santé physique et psychologique.

Maximaliser l’implémentation

Nous pourrions nous poser la question suivante : “Mais alors comment peut-on faire pour maximiser les chances d’implémentation ?

D’après moi, la réponse peut tenir en 4 points :

Certains d’entre vous trouverons cette liste triviale, et je vous l’accorde, mais (tout comme avec nos patient·e·s), savoir quoi faire, ce n’est que la première étape.

Le plus difficile, c’est d’appliquer cela systématiquement, à chaque consultation.

Le mot “systématiquement” est important ici. Trop souvent, nous attendons d’avoir un·e patient·e en difficulté pour le motiver ou remettre nos conseils et autres plans alimentaires en question.

Pour que les prises en charge se passent du mieux possible, il faut faire preuve de proactivité et intégrer systématiquement ses principes au cœur de nos routines et de nos structures de consultations.

5 principes pour des consultations efficaces, fun et motivantes

J’ai construit mon système de prise en charge autour de 5 principes, 5 grands axes qui structurent ces prises en charge diététiques. Dans la suite de cet article, nous allons les détailler un à un.

1 : Un temps pour un jeu ou une activité thématique

Un peu de contexte… Au début de ma carrière, je faisais des consultations de 30 minutes. Si tout se passait bien pour mon patient, s’il n’avait pas de questions ni de difficultés particulières, après 15 minutes, nous avions fait le tour du sujet. Et mon gros malaise, était de lui demander de payer le plein tarif pour 15 minutes de “blabla”.

Vous aussi, vous avez peut-être tendance à vous concentrer uniquement sur les faits que vos patient·e·s vous racontent, à débriefer, à tenter de résoudre quelques problèmes et à vous arrêter là… Comme expliqué plus haut, nous nous devons aussi de transmettre des connaissances diverses comme, par exemple :

Ce que je vous propose c’est d’aménager un temps défini en consultation pour faire avec chaque patient une activité qui va l’aider dans son parcours pour devenir autonome.

Mes activités thématiques sont construites en 3 temps. Le premier temps est l’exposition des croyances. Le deuxième temps est la déconstruction des “mauvaises ou fausses” croyances. Et ensuite le troisième, l’introduction des nouvelles informations qui formeront de meilleurs comportements. 

Trop souvent, on oublie les 2 premières étapes, alors qu’elles sont les plus importantes. C’est à ce moment-là que vous allez découvrir ce qu’il y a dans la tête de votre patient et découvrir les sources de certains comportements.

Pour faire cela, posez des questions ouvertes à vos patients tel que “Pourquoi mangeons-nous de la viande ?”.

Ce qui est très productif, c’est de proposer un exercice ou des jeux. Cela crée un réel espace où l’on peut se vider la tête et faire des erreurs, le tout très naturellement sans malaise ni côté patient·e, ni côté diététicien·ne.

En pratique j’ai choisi de faire des consultations de suivi qui durent 45 min. Les dernières 15-20 minutes sont réservées à une activité thématique ou un jeu.

Bref, peu importe le thème que vous abordez, le but est de faire sauter quelques fausses croyances, de rendre la consultation fun et ludique et d’aménager les conseils à la vie et aux contraintes du·de la patient·e d’une façon efficace et extrêmement naturelle.

2 : Un planning de consultation

Afin d’introduire ce second principe, je vous propose deux petites analogies pour vous aider à mieux ressentir ce qu’un patient peut ressentir quand il commence un suivi diététique.

1/Imaginez que quelqu’un vous invite à une réunion, mais qu’il ne veuille pas vous dire avec qui, ni en quoi cela va consister, ni ce que vous allez y faire.

Quel serait votre niveau d’enthousiasme à vous rendre à cette fameuse réunion ? Si ce jour-là vous vous sentez fatigué ou qu’il neige, est-ce que vous vous y rendrez ?

2/Vous montez dans un autocar mais vous ne savez pas où il va vous conduire ni par quel chemin il va passer. Serez-vous rassuré s’il y a des embûches sur la route ?

A travers ces deux exemples, je souhaitais vous faire prendre conscience de l’importance de créer une vision globale du suivi non seulement pour vous, diététicien·ne, mais aussi pour vos patient·e·s.

Alors concrètement comment créer cette vision ?

Grâce à un planning de consultation : Dès le premier rendez-vous, remettez à chaque patient·e un planning (idéalement de 3-4 mois) avec un nombre précis de consultations afin de viser un premier objectif. En général, je démarre avec un planning qui comporte 5-6 rendez-vous. Ensuite, pour chaque rendez-vous, intégrez une activité thématique et choisissez des thèmes en fonction des difficultés du patient observé lors du premier rendez-vous et aussi en fonction de ses souhaits si cela a été exprimé.

Le planning, combiné à la systématisation des activités thématiques, créeront une vision chez vos patient·e·s pour qu’ils sachent où vous allez avec lui. Si vous validez cela ensemble cela diminuera le risque de “mauvaises surprises” (arrêt prématuré du suivis, lapin en consultation, etc.)

3 : Travailler la motivation dès le début !

Durant les suivis, il n’est pas rare d’avoir qu’il y ait des “passages à vide”, où le patient n’a plus d’énergie à suivre les conseils et où il risque de baisser les bras et d’arrêter son suivi.

Dans ces cas-là, nous nous devons d’aider le·la patient·e à remonter la pente et il vaut mieux avoir dans son “arsenal” quelque chose de plus fort qu’un simple “Allez, on s’accroche, ça va aller”. Et si on ne réussit pas à remonter le moral de notre patient·e et que la démotivation perdure, il y a de fortes chances que le·la patient·e abandonne et rompt tout lien de communication.

C’est la raison pour laquelle j’invite systématiquement tou·te·s mes patient·e·s à chercher leurs motivations profondes dès leur premier rendez-vous. Ce début de suivi est particulièrement propice à cet exercice car en général son moral est au beau fixe.

Ce que j’entends par “motivations profondes “ c’est que mon patient comprenne et visualise le “pourquoi”. Pourquoi doit-il venir toutes les 3-4 semaines en consultation ? Pourquoi doit-il suivre mes conseils ? Pourquoi ne doit-il plus manger la même chose qu’avant ?

Par exemple, je lui demande :

OU un autre exemple :

Alors, imaginez maintenant votre patient en plein découragement face à ces changements alimentaires. Vous pourrez alors l’inviter à relire son dossier diététique où il aura noté toutes ses motivations profondes…

4 : Le contact entre les consultations

L’alimentation fait partie du quotidien, et ce au moins 3 fois par jour. Sur 3 semaines cela fait 21 jours où le patient se retrouve seul avec ses problèmes alors qu’il n’a pu discuter avec son diététicien que pendant 1h. 

Imaginez tous les problèmes potentiels que votre patient peut rencontrer entre chaque rendez-vous.

Il y a un adage que j’adore et je souhaitais vous partager :

Les petits problèmes peuvent être difficiles à trouver mais ils sont très faciles à résoudre. Par contre les gros soucis sont évidents mais ils sont très difficiles à résoudre.

Mieux vaut donc traiter plus souvent mais plus tôt des petits problèmes avant qu’ils ne s’enveniment !  Voici un exemple tiré de ma pratique :

Alors que je prenais de ses nouvelles entre deux rendez-vous, une patiente me dit :

Durant ce petit coup de fil de 10 minutes au téléphone, nous avons pu discuter de sa situation et retrouver de l’énergie pour continuer.

Mieux vaut donc gérer plus régulièrement des petits problèmes avant qu’ils ne s’amplifient, deviennent de gros problèmes, qui seront insurmontables et amèneront au décrochage.

Si ce genre de petit contact n’ont pas lieu, le risque est alors élevé de ne plus revoir ce genre de patients au rendez-vous suivant.

Pour les patients souffrants d’allergies ou d’intolérances alimentaires, le fait de les suivre entre les rendez-vous va aussi rendre vos conseils beaucoup plus réactifs et pertinents.

Le fait de proposer un tel contact (peu importe l’outil utilisé), apporte vraiment une plus-value aux consultations en augmentant la réussite des prises en charge de manière significative.

5 : Se forger un bon mindset

Votre “mindset”, c’est votre “carte mentale” qui va déterminer non seulement vos actions mais aussi la manière dont vous analysez et réagissez à ce qui va se passer durant les consultations. Et en tant que diet-preneur, c’est important d’avoir le bon mindset pour réussir et se sentir épanoui·e dans son métier.

En effet, en diététique, très souvent la qualité de nos prises en charge va être évaluée à travers les résultats de nos patient·e·s.

C’est comme cela que le “monde extérieur” va nous évaluer, c’est normal, et c’est comme ça que le bouche à oreille fonctionne.…

Mais par contre, lorsqu’il s’agit de s’auto-évaluer, le piège serait d’apporter trop d’importance aux résultats de nos patient·e·s avec le risque de douter de notre légitimité à chaque fois que nous avons un patient en “situation d’échec“, c’est-à-dire qui n’a pas ou peu de résultats.

Dans ces cas-là, les bonnes questions à se poser ne sont pas

“Qu’est-ce que je peux bien faire de plus avec celui-là ?”

“Qu’est-ce que j’ai pu bien faire de travers avec ce patient ?”

“Bon il faut absolument resserrer la vis avec celui-là …”

Mais plutôt

“Ok, je ne me laisse pas entraîner dans la déception qui émane de ce patient, je ne me voile pas la face et je prends mon courage à deux mains pour investiguer et poser les questions “difficiles” pour découvrir la cause de cette situation.”  

“Ok c’est normal de passer par étape “difficile”, ça fait partie du “chemin”, l’important c’est de pouvoir rebondir”

“C’est mon rôle de faire comprendre à mon patient la cause de ses échecs et de faire mon max pour lui montrer le chemin, MAIS en aucun cas, je ne pourrais faire ce chemin à sa place

La nuance est subtile, certes, mais on ne peut plus importante !

Les résultats de vos patient·e·s sont la conséquence de notre système de prise en charge. Mettre votre focus et votre énergie sur les résultats de vos patient·e·s ne mène nulle part !

Par contre, mettre votre énergie et votre focus pour se construire un système de prise en charge unique qui maximisera les chances de succès de votre patientèle cible vous emmènera, avec un peu de travail, vers le succès et l’épanouissement.

Appliquer ces 5 principes au quotidien

Lorsque j’ai intégré ces 5 principes dans mon système de prise en charge, c’est toute ma perception globale de la consultation qui a changé.

Au début de ma carrière, je n’étais pas très fière des résultats obtenus par mes patient·e·s, je le prenais vraiment personnellement et je me disais :

Toutes ces pensées avaient un impact négatif sur mon moral et diminuaient mon énergie à réaliser mes consultations et finalement, cela m’entraîne dans un cercle vicieux.

Grâce aux contacts avec les autres diététiciens du GDI et à l’UPDLF, j’ai pu me ressaisir et améliorer considérablement mes prises en charge.

Depuis, j’ai même créé le centre de formation Diet’ en transition pour transmettre mes méthodes et mon savoir-faire à un maximum de diététicien·ne·s.

Si vous aussi vous souhaitez vous construire une carrière de diététicien·ne indépendant·e stable et pérenne, j’ai créé une formation gratuite :

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Actu-Diéta
Cet article présente les résultats d’une enquête réalisée dans le cadre d’un master en sciences de la santé publique à l’UCLouvain. Le but de l’enquête était d'évaluer les effets du confinement lié à l’épidémie du coronavirus sur les habitudes alimentaires et les modes de vie de la population en Belgique.
Brèves
Retrouvez ici la Brève du 18 octobre 2021. Nous y abordons les sujets suivants : Actu-Diéta ; Dernières news ; Agenda ; Divers
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Retrouvez ici la Brève du 11 octobre 2021. Nous y abordons les sujets suivants : Actu-Diéta ; Dernières news ; Agenda ; Divers
Actu-Diéta
11/10/2021

Poster du GDI

Lors de la Journée d’Etude (JE) 2020, nous avions demandé à chaque Groupe des Diététicien·ne·s (GD) de notre asbl de nous transmettre un poster. Découvrez aujourd'hui le poster du GDI.

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