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Vive l'hiver !

Le Plantain Lancéolé, une belle ressource sous le manteau neigeux de l’hiver

Le « Roi des chemins » sur lequel nous marchons si fréquemment sans y porter la moindre attention, est pourtant depuis toujours une bénédiction pour l’humanité. Son usage thérapeutique remonte au moins à la Grèce antique. Découvrons qui se cache derrière cette plante d’apparence si banale.

Pauline de Voghel, diététicienne agréée. www.paulinedevoghel.be, info@paulinedevoghel.be

Dans le monde, il existe 200 espèces de plantain, dont cinq en Belgique. Les plus courants forment une tribu de trois frères : le « petit gros », le Plantago media ; le « grand mince », le Plantago lanceolata dont nous parlons ici ; et le Plantago major, dit le « grand costaud ». Ces 2 derniers peuvent être confondus sous un seul nom dans la pratique, tant par leur composition nutritionnelle que par leurs vertus médicinales très similaires.

Caractéristiques botaniques

Notre Plantago lanceolata, appelé aussi « oreille de lièvre » ou « herbes à cinq coutures » (faisant référence à ses cinq nervures filandreuses caractéristiques, presque parallèles et très saillantes sur la face inférieure des feuilles) est une plante vivace de 10 à 60 cm se dressant en touffes de rosettes denses et dressées à la base. Elles repoussent rapidement après avoir été coupées, ce qui facilite amplement la cueillette. La plante ne présente pas de tige, seulement une hampe florale au sommet de laquelle sont réunies une multitude de petites fleurs en épi. Les feuilles épaisses et allongées en forme de fer de lance sont entières, au sommet pointu, et se rétrécissent graduellement à la base.

Le Plantago Major, aussi appelé le Plantain des oiseaux tant ses graines les régalent, est la « plante pied » car il indique – et donc préfère – un sol plus compacté que les autres espèces de plantain. Il se distingue du lancéolé en formant des rosettes davantage étalées au sol. Son inflorescence en épi est beaucoup plus allongée et peut atteindre voire dépasser la taille de la hampe qui la porte. Ses feuilles largement ovales et obtuses, pouvant atteindre 30 cm de hauteur, de texture épaisse, sont légèrement pourvues de poils très courts. Le pétiole, la tige de la feuille, est ferme, large et presque plus long que la feuille elle-même.

Biotope

Le plantain, largement distribué à travers le monde entier, préfère des milieux ouverts de type friches, prairies, champs et bords de chemin, lisières de bois ou de forêt, jardins, décombres ou fossés et terre inculte humide.  

Intérêts nutritionnels pour 100 g de Plantain lancéolé (1, 3)

Tableau 1 : Valeurs nutritionnelles moyennes pour 100g de Plantain lancéolé (1, 3)

En cuisine

Les feuilles et les inflorescences ont un délicieux et remarquable goût partagé entre le champignon frais et l’épinard. Sa légère amertume (surtout à maturité) lui confère beaucoup de caractère.

Les trois principales espèces de plantain (P. lanceolata, major et media) constituent de très bons légumes.

Préférons les jeunes feuilles (ou les repousses au cœur de la rosette) qui sont assez tendres pour être servies crues en salade ou en jus de légumes. Elles offrent de nombreuses possibilités et se marient très bien avec du fromage frais, hachées finement, etc. Lactofermentées, les feuilles de tous les plantains font une excellente choucroute.

Les feuilles plus âgées sont de consistance un peu moins agréable, plus coriaces et au goût un peu plus amer. Elles restent très bonnes une fois cuites, en soupe roborative ou en légumes à la façon des épinards, suées à la poêle dans l’huile d’olive et de l’ail ou intégrées dans des préparations de type omelette, quiche, galette, etc.

Les jeunes inflorescences du plantain lancéolé (épis noirs avant ouverture des fleurs) se consomment crues en salade ou de toutes les manières utilisées pour les jeunes feuilles. Saisies à la poêle, elles donnent l’impression d’un concassé de champignons. Elles rentrent bien dans la préparation d’une omelette, d’une galette ou d’une quiche. Ou simplement grillées et hachées en condiment. Cuites en beignets ou utilisées comme les câpres, blanchies au vinaigre.

Idées de recettes

Toast aux champi-plantain : 2 poignées d’épis noirs légèrement concassés, poêlés dans l’huile d’olive avec des échalotes, du poivre, du sel, du thym et du citron et une crème végétale ou animale, à servir sur des toasts.

Épis en sauce : Épis noirs sautés à sec ou à l’huile d’olive consommés en salade avec des feuilles de plantain fraiches hachées, du parmesan et des amandes effilées, le tout assaisonné avec de l’ail, de l’huile d’olive et du vinaigre.

Pesto de derrière les fagots : 50 g de jeunes feuilles de plantain lancéolé hachées (éventuellement blanchies) puis réduites en purée dans un mortier avec 3 c. à s. (cuillère à soupe) d’huile d’olive, 1 pincée de sel marin. Mélanger avec 20 g de noix hachées, 20 g de pecorino écrasé et du poivre noir.   

Fromage blanc au plantain et aux herbes : Mélanger ensemble 150 g de fromage blanc entier, 4 c. à s. de feuilles de plantain hachées très finement, 1 c. à s. de ciboulette émincée, 1 c. à s. d’origan, 1 c. à s. de lierre terrestre, 1 c. à c. (cuillère à café) de zeste d’orange, 2 c. à s. huile d’olive. 

Tarte plantain-ortie : Abaisser 250 g de pâte brisée et en foncer un moule à tarte. La précuire 5 minutes puis y déposer 50 g de noisettes moulues puis 200 g de plantain et 200 g d’orties, blanchis, égouttés et puis hachés. Ensuite 50 g de raisins secs coupés grossièrement, à recouvrir d’un appareil réalisé à l’aide de 2 œufs battus avec 250 ml de jus végétal ou de lait et 2 c. à s. de miel. Cuire la tarte 25 minutes à 180°C.

Salade de lentilles beluga aux herbes : Cuire 200 g de lentilles beluga et 3 feuilles de laurier dans un grand volume d’eau froide. Porter à ébullition et laisser cuire environ 20 minutes. Égoutter, rincer à l’eau froide pour stopper la cuisson. Les mélanger dans un saladier avec quelques herbes très finement émincées : 6 c. à s. de plantain, 2 c. à s. d’aillet, 2 c. à s. de persil, 3 c. à s. d’oseille, 1 c. à s. de feuilles d’estragon et 3 c. à s. de basilic. Ajouter en remuant délicatement la vinaigrette réalisée à partir de 4 c. à s. d’huile de cameline, 1 c. à s. de vinaigre balsamique, 1 c. à s. de moutarde à l’ancienne, 1 c. à s. de tamari, 1 c. à c. de zeste de citron.

Salade folle des prairies : Laver 4 bouquets de chacune de ces plantes : plantain, stellaire, laiteron, lamier tacheté ou des salades et autres légumes à feuilles du commerce. Confectionner 4 bouquets du mélange et les lier avec des brins de ciboulette blanchies. Les arroser d’une vinaigrette : 1 c. à s. d’huile de noisette et 3 de noix, 1 c. à s. de vinaigre balsamique, 1 c. à m. (cuillère à moka) de pâte de bouillon miso, le zeste d’une demi orange et son jus.  

Beignets de hampes de plantain : Mélanger intimement 125 g de farine avec 60 ml de bière et 1 pincée de sel. Laisser reposer 15 minutes au réfrigérateur après avoir ajouté 15 g de beurre fondu. Incorporer ensuite 2 blancs d’œufs battus en neige. Tremper dans cette pâte à beignet, une trentaine de hampe florale de plantain lancéolé. Les saisir 1 minute de chaque côté dans de l’huile pour friture, dans une poêle à rebord. Les égoutter dans un papier absorbant avant de les servir.

Principaux constituants médicinaux (1, 7, 10, 11)

Aussi réputée que répandue depuis les temps les plus anciens, Dioscoride, ce célèbre médecin grec en parle déjà au 1er siècle avant J.-C. La phytothérapie actuelle a rendu justice à cette plante que le XIXe siècle avait méprisée malgré son passé glorieux. Les paysans, eux, n’ont jamais cessé de leur faire confiance : le plantain reste l’une des quelques plantes sauvages les plus connues des campagnes.

Les plantains lancéolé et majeur contiennent :

Principales vertus (1, 7, 10, 11)

Le plantain est aussi surnommé « l’herbe aux charpentiers », « le fil d’or » qui recoud littéralement les plaies. Il les assainit et les cicatrise, qu’elles soient fraîches ou enflammées, récentes ou anciennes. Voici une très belle plante vulnéraire encore appréciée dans les milieux paysans actuellement, grâce à l’ensemble de ces propriétés :

Pour ce faire, il suffit d’appliquer directement sur la plaie des feuilles nettoyées et suffisamment froissées pour en extraire le suc.

Le plantain est également un bon anti-histaminique qui calme littéralement les piqûres d’insectes et d’orties, et un anti-allergique contre le rhume des foins, par exemple.

Il soigne aussi les affections des intestins grâce à la couche de mucilages qui les recouvre (ingérer les graines après plusieurs heures de trempage dans l’eau afin de ramollir le tégument (enveloppe du grain) et pour permettre aux mucilages qu’il contient de se transformer en gel émollient).

Les graines des plantains peuvent servir de laxatif mécanique, comme celles du psyllium, un plantain de Méditerranée. Astringent et adoucissant, utile dans la diarrhée et la dysenterie : il régularise les selles tout en calmant l’irritation du tube digestif.

C’est également un bon dépuratif, diurétique et tonique amer.

Enfin, il est reconnu comme astringent, anti-inflammatoire et expectorant pour les affections des voies respiratoires supérieures : maux de gorge, irritations oro-pharyngées, laryngites, etc. Il calme la toux sèche par son effet antispasmodique sur les muscles lisses des bronches et il facilite l’expectoration tout en agissant comme un reconstituant général.

Contre-indications

Il n’y a aucune contre-indication à ce jour, malgré quelques rares cas isolés d’irritation cutanée qui ont été rapportés. Des effets emménagogues observés in vitro font que l’usage de cette plante n’est pas recommandé pendant la grossesse.

Conclusion

Apprenez à reconnaître le plantain, ce grand roi des chemins, et vous le verrez partout ! Même en hiver, là où la nature nourricière est censée se faire un peu plus discrète. Il n’attend qu’à être apprivoisé par l’homme auquel il rend d’innombrables services.

Bibliographie

(1) Le chemin de la Nature. (2011). Page d’accueil. Retrieved from https://www.lechemindelanature.com/

(2) Couplan, F., Styner, E. (2009). Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques. Delachaux et Niestlé.

(3) Couplan, F. (2011). Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées. Les guides du naturaliste. Delachaux et Niestlé.

(4) Couplan, F. (2020). Guide de la survie douce. Vivre en pleine nature. Sang de la Terre.

(5) Moustie., Ducerf, G. (2013). Récolter les jeunes pousses des plantes sauvages comestibles. Terran.

(6) Couplan, F. (2012). La cuisine est dans le pré. Soliflor.

(7) Lieutaghi, P. (1996). Le livre des bonnes herbes. Actes sud.

(8) Couplan, F (2010). Cuisine sauvage, accommoder mille plantes oubliées. Sang de la terre.

(9) Bissegger, M. (2012). La cuisine des plantes sauvages. Ulmer.

(10) Treben, M. (2007). La santé à la pharmacie du Bon Dieu. Conseils d’utilisation des plantes médicinales. Ennsthaler.

(11) Ameenah, G.-F. (2014). Toutes les plantes qui soignent. Michel Lafon

(12) Veyrat, M., Couplan, F. (1997). Herbier Gourmand. Hachette pratique.

(13) Duke J. (2002). Handbook of Medicinal Herbs (2nd Edition). Washington : CRC Press.

 

Les actualités

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L'excès de poids

L’approche du GROS (Groupe de Réflexion sur l'Obésité et le Surpoids) : trois axes selon le modèle BPS (bio-psycho-sensoriel)

Le parcours initiatique de l’obésité ou de l’excès de poids chez un·e patient·e s’accompagne systématiquement d’une transformation intime, de la découverte de nouvelles valeurs et s’accompagne souvent de souffrance. Le critère de temps est nécessaire à l’initiation et à la maturation. Vous trouverez différents itinéraires pour accompagner votre patient·e dans ces quelques lignes non exhaustives.

Dorothée Demoiny, diététicienne agréée aux Cliniques Universitaires UCL Saint-Luc de Bruxelles et diététicienne indépendante

4. L’approche du Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (GROS) : 3 axes selon le modèle bio psycho sensoriel (BPS)

Nous sommes dans un contexte où les régimes font grossir et sont dangereux ; le rapport de l´Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) en 2010 montre clairement l’inefficacité des régimes dans le traitement de l’obésité ainsi que leur nocivité pour la santé physique et mentale. La reprise pondérale concerne 80 % des sujets à un an, et davantage à plus long terme. Les déséquilibres nutritionnels induits ont des effets délétères multiples et en particulier sur le capital osseux, la masse musculaire, le profil lipidique ou encore la fonction rénale. Les contraintes inhérentes au régime perturbent les mécanismes de régulation du comportement alimentaire favorisant le développement de différents troubles psycho-émotionnels comme la restriction cognitive. Elle est considérée comme la complication la plus courante de la pratique des régimes amaigrissant.

Être en Restriction Cognitive (RC), c’est essayer de contrôler son alimentation par un effort de volonté, dans le but de maigrir ou de ne pas grossir. Cet effort est très difficile à maintenir dans le temps. L’état de RC provoque ainsi frustration si le régime est respecté, culpabilité s’il ne l’est pas, et risque d’induire une prise de poids ou une impossibilité à en perdre. Tous les régimes, équilibrés ou non, induisent une reprise de poids bien souvent supérieure à la perte, aggravent les complications médicales liées au poids, entraînent une mésestime de soi renforcée par les échecs répétés et quasi systématiques de chaque tentative de perte de poids et installent des troubles des conduites alimentaires (TCA) ou les amplifient.

Si les effets des régimes sont connus (troubles du comportement alimentaire, gain de poids, etc.), La compréhension de ce qui fait que le régime génère ces troubles, ces prises de poids l’est beaucoup moins. Pour éviter de donner des conseils qui, sans porter le nom de régime, ont les mêmes effets que celui-ci (« rééquilibrage », « faire attention »), il est nécessaire de savoir ce qui définit un régime et en quoi celui-ci dérègle le comportement alimentaire et génère l’aggravation de l’excès pondéral. Ces dernières années, la recherche en physiologie et psychologie a permis une connaissance plus fine du comportement alimentaire. Ces nouvelles données ont permis à la fois de comprendre les raisons de l’échec du modèle restrictif, qui continue pourtant à être largement prescrit, et aussi d’engager une autre approche du surpoids, conforme et respectueux de la physiologie du comportement alimentaire. C’est dans ce cadre qu’est né l’approche établie conjointement par les Docteur Zermati et Docteur Apfeldorfer. Le premier est médecin nutritionniste et psychothérapeute spécialiste du comportement alimentaire. Le second est psychiatre et psychothérapeute spécialiste depuis 30 ans dans le traitement des troubles du comportement alimentaire et des problèmes pondéraux. Ils fondent en 1998 l’association « Groupe de Réflexion sur l’Obésité et Surpoids » et mettent au point une méthode originale pour aborder en profondeur les problèmes alimentaires et pondéraux et mettre fin aux prises alimentaires émotionnelles.

Une approche bio-psycho-sensorielle.

Plusieurs domaines sont principalement concernés dans les problématiques liées au surpoids :

Les trois axes du GROS

Pas de remède miracle mais l’abandon de la conception diététique classique au profit d’une approche basée sur trois axes :

1/ Traiter la restriction cognitive, c’est-à-dire aider à manger selon ses sensations alimentaires, de tout et sans culpabilité.

2/ De reconnaître la souffrance émotionnelle et augmenter la tolérance aux inconforts émotionnels pour faire face a l’impulsivité alimentaire.

3/ Faire un travail d’acceptation, d’estime et d’affirmation de soi. 

Le GROS construit et met à jour depuis plus de 20 ans une formation qui s’appuie sur des bases scientifiques solides et qui a pour but la transmission de nouvelles compétences aux praticiens pour un meilleur accompagnement de ses patients. Son objectif est de permettre aux professionnels au contact avec des patients souffrant d’excès pondéral mais également de troubles des conduites alimentaires, de mieux comprendre les phénomènes de dérégulation qu’engendre les conseils alimentaires classiques et d’accompagner les patients vers un comportement alimentaire régulé au plus près de leur physiologie humaine. Cette formation s’étend sur une année avec un examen à la clé. Elle aborde des thèmes divers et variés, tels que la pleine conscience, la communication, les techniques d’affirmation de soi, la thérapie de troisième vague telle que la thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT), l’auto compassion. Cette prise en charge est applicable aussi bien pour les adultes que pour les enfants et les adolescents.

C’est une approche différente qui est à l’écoute du corps, qui aborde des concepts différents et complémentaires dans le but de traiter la restriction cognitive, de reconnaître la souffrance émotionnelle et d’augmenter la tolérance aux inconforts émotionnels pour faire face à l’impulsion et enfin de faire un travail d’acceptation, d’estime et d’affirmation de soi.

En conclusion générale, bien que de nombreux points communs étant abordés sous des angles différents et complémentaires, l’approche globale de l’obésité se fait de manière individuelle en représentant toutes ces approches imbriquées les unes dans les autres. Elles ont leurs spécificités et à la fois leurs différences majeures. Un approfondissement de la part du thérapeute selon ses attirances personnelles et son feeling pour l’une ou l’autre approche, est peut-être un bon cheminement personnel pour accompagner son patient à son « poids idéal ». A l’image d’un insecte qui, regardé de face a deux pattes, regardé de côté en a 3 et regardé du dessus en a 6, tout dépend du point de vue initial de l’obésité ou du trouble alimentaire.

Bibliographie

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. (2021). Régimes amaigrissants : entretien. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/content/r%C3%A9gimes-amaigrissants-entretien

 

Colin, J.-J., Karsenti, N. (2018). Le plaisir de manger moins avec la pleine conscience. Programme en 9 semaines – 19 exercices audio. Dunod.

 

Dessé, C. (2021). Création d’une consultation d’éducation diététique afin d’augmenter les connaissances diététiques du patient en parcours préopératoire de chirurgie bariatrique (Travail de fin d’études). Haute Ecole Léonard de Vinci, Woluwe.

 

Gaillard, S., Barthassat, V., Pataky, Z., Golay, A. (2011). Un nouveau programme d’éducation thérapeutique pour les patients obèses. Revue Médicale Suisse, 7, 695-699. Retrieved from https://www.revmed.ch/view/510050/4179717/RMS_288_695.pdf

 

Garcia, S. (2022). Alimentation intuitive et alimentation consciente : quelle différence ? Présenté dans le webinaire du GROS du 05 mai.

 

Gravel, K. (2021). De la Culture des diètes à l’alimentation intuitive : réflexions pour manger en paix et apprécier ses cuisses. KO éditions.

 

Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids. (2020, novembre). Congrès 2020 : Alimentation intuitive, peut-on éviter le piège du contrôle ?

 

Groupe de Travail «Évaluation des risques liés à la pratique de régimes à visée amaigrissante ». (2010). Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Rapport d’expertise collective. Anses. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf

 

Groupe de Travail de l’O.M.S. (1998). Education Thérapeutique du Patient. Programmes de formation continue pour professionnels de soins dans le domaine de la prévention des maladies chroniques. Organisation Mondiale de la Santé.

 

Pauchet-Traversat, A.-F. (2007). Guide méthodologique. Structuration d’un programme d’éducation thérapeutique du patient dans le champ des maladies chroniques. Haute Autorité de santé.

 

Pétré, B., Ziegler, O., Guillaume, M. (2019). Éducation thérapeutique du patient obèse en Belgique : contributions du projet EDUDORA. Métabolisme. Vaisseaux, Cœur, Poumons, 24 (3), 20-24. Retrieved from https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/243537/1/EDUDORA%20revue%20VCP%202019%20FR.pdf

 

Ritz, P., Hanaire, H., Estrade, A. (2013). Classeur pédagogique d’un programme d’éducation thérapeutique de proximité pour les patients obèses (OBEPROX). Centre Intégré de l’Obésité Midi-Pyrénées.

 

Tribole, E. (2021). Intuitive Eating for Every Day: 365 Daily Practices & Inspirations to Rediscover the Pleasures of Eating. San Francisco : Chronicle Prism.

 

Tribole, E., Resch, E., Huber, H. (2020). Alimentation intuitive, une approche anti-régime révolutionnaire (4ème éd.). Blackstone Publishing.

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Le « Roi des chemins » sur lequel nous marchons si fréquemment sans y porter la moindre attention, est pourtant depuis toujours une bénédiction pour l’humanité. Son usage thérapeutique remonte au moins à la Grèce antique. Découvrons qui se cache derrière cette plante d’apparence si banale.

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L'excès de poids

Éducation du patient et Éducation Thérapeutique du Patient (ETP)

Le parcours initiatique de l’obésité ou de l’excès de poids chez un·e patient·e s’accompagne systématiquement d’une transformation intime, de la découverte de nouvelles valeurs et s’accompagne souvent de souffrance. Le critère de temps est nécessaire à l’initiation et à la maturation. Vous trouverez différents itinéraires pour accompagner votre patient·e dans ces quelques lignes non exhaustives.

Dorothée Demoiny, diététicienne agréée aux Cliniques Universitaires UCL Saint-Luc de Bruxelles et diététicienne indépendante

3. Éducation du patient et Éducation Thérapeutique du Patient (ETP)

Méthode d’application dans le domaine de l’obésité ou comment cette approche peut apporter une réduction de la reprise pondérale ?

L’objectif de cet article n’est pas de démontrer l’efficacité de l’ETP dans le domaine des pathologies chroniques telles que l’obésité. Il existe des meta-analyses et des études randomisées comparant une prise en charge habituelle à un programme d’ETP. La littérature ne permet d’ailleurs de répondre ni à la question du contenu et à la définition des activités éducatives, ni à la question du type d’adaptation des programmes d’ETP en général, et en particulier dans les situations de polypathologies dont fait partie l’obésité. Les durées de suivis étant limitées pour les patients, il n’existe pas de réponse claire à la question des types de dispositifs qui permettent aux patients de maintenir leurs compétences dans le temps. La littérature montre l’intérêt d’adapter au mieux l’ETP à chaque patient, mais dans le respect d’une démarche structurée et planifiée. Cet article sera centré sur les aspects de définition, les étapes de la démarche d’ETP, le contenu du programme d’ETP et son évaluation.

Qu’est-ce que l'ETP ?

« Elle vise à aider les patients à acquérir ou à maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec leurs maladies chroniques. Elle fait partie intégrante et de façon permanente de la prise en charge du patient. Elle comprend des activités organisées, y compris un soutien psycho social, conçu pour rendre les patients conscients et informés de leur maladie. Des soins, de l’organisation et des procédures hospitalières ainsi que des comportements liés à la santé et à la maladie. Ceci a pour but de les aider, ainsi que leurs familles, à comprendre leur maladie et leurs traitements, collaborer ensemble et assurer leur responsabilité dans leur propre prise en charge, dans le but de les aider à maintenir et améliorer leur qualité de vie ».

Les finalités de l’ETP sont l’acquisition et le maintien par le patient de compétences d’auto-soins et l’acquisition de compétences d’adaptation. Contrairement aux idées reçues, l’ETP se distingue d’une information orale ou écrite telle qu’un conseil, un message de prévention, ou encore une consultation ou un acte de soins. Il s’agit d’une participation du patient à la prise de décision.

Pour qui ?

Plusieurs types de populations peuvent être concernés par l’ETP : les enfants et leurs parents, les adolescents, les adultes ayant une maladie chronique quel que soit leur âge, le type ou le stade d’évolution de la maladie.

Par qui ?

Différents niveaux d’interventions dans la démarche d’ETP sont possibles pour les professionnels de la santé et nécessite une coordination et une transmission d’information. Il est donc préférable et recommandé qu’il soit mis en œuvre par des professionnels de santé formés à la démarche de l’ETP, aux techniques de communication et aux techniques pédagogiques qui permettent d’aider le patient à acquérir des compétences d’auto-soins et d’adaptation, au travail en équipe et à la coordination des actions.

En résumé, l’ETP répond aux aspects suivants :

L’ETP en pratique et l’application à l’obésité ?

Il s’agit d’élaborer un diagnostic éducatif, de définir un programme personnel, de planifier et de mettre en œuvre des séances d’ETP individuelles ou collectives en alternance, de réaliser une auto-évaluation des compétences acquises, tout au long du déroulement du programme.

Il existe un organigramme structurant la prise en charge, via l’ETP, d’un patient dont la maladie chronique a été diagnostiquée. On peut retrouver ce-dernier dans le Guide méthodologique de juin 2007 de la HAS et de l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) « Structuration d’un programme d’éducation thérapeutique du patient dans le champ des maladies chroniques » (page 16).

En conclusion, l’obésité nécessite une prise en charge multidisciplinaire sur le long terme associant très souvent une approche cognitivo-comportementale à des enseignements diététiques et de l’activité physique afin d’éviter la reprise pondérale. La prise en charge de l’obésité appelle des solutions nouvelles pour aider les patients à vivre au mieux avec la maladie. L’ETP offre des perspectives originales en situant l’être humain, dans toute sa complexité, au cœur des préoccupations de l’équipe soignante.

Bibliographie

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. (2021). Régimes amaigrissants : entretien. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/content/r%C3%A9gimes-amaigrissants-entretien

 

Colin, J.-J., Karsenti, N. (2018). Le plaisir de manger moins avec la pleine conscience. Programme en 9 semaines – 19 exercices audio. Dunod.

 

Dessé, C. (2021). Création d’une consultation d’éducation diététique afin d’augmenter les connaissances diététiques du patient en parcours préopératoire de chirurgie bariatrique (Travail de fin d’études). Haute Ecole Léonard de Vinci, Woluwe.

 

Gaillard, S., Barthassat, V., Pataky, Z., Golay, A. (2011). Un nouveau programme d’éducation thérapeutique pour les patients obèses. Revue Médicale Suisse, 7, 695-699. Retrieved from https://www.revmed.ch/view/510050/4179717/RMS_288_695.pdf

 

Garcia, S. (2022). Alimentation intuitive et alimentation consciente : quelle différence ? Présenté dans le webinaire du GROS du 05 mai.

 

Gravel, K. (2021). De la Culture des diètes à l’alimentation intuitive : réflexions pour manger en paix et apprécier ses cuisses. KO éditions.

 

Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids. (2020, novembre). Congrès 2020 : Alimentation intuitive, peut-on éviter le piège du contrôle ?

 

Groupe de Travail «Évaluation des risques liés à la pratique de régimes à visée amaigrissante ». (2010). Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Rapport d’expertise collective. Anses. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf

 

Groupe de Travail de l’O.M.S. (1998). Education Thérapeutique du Patient. Programmes de formation continue pour professionnels de soins dans le domaine de la prévention des maladies chroniques. Organisation Mondiale de la Santé.

 

Pauchet-Traversat, A.-F. (2007). Guide méthodologique. Structuration d’un programme d’éducation thérapeutique du patient dans le champ des maladies chroniques. Haute Autorité de santé.

 

Pétré, B., Ziegler, O., Guillaume, M. (2019). Éducation thérapeutique du patient obèse en Belgique : contributions du projet EDUDORA. Métabolisme. Vaisseaux, Cœur, Poumons, 24 (3), 20-24. Retrieved from https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/243537/1/EDUDORA%20revue%20VCP%202019%20FR.pdf

 

Ritz, P., Hanaire, H., Estrade, A. (2013). Classeur pédagogique d’un programme d’éducation thérapeutique de proximité pour les patients obèses (OBEPROX). Centre Intégré de l’Obésité Midi-Pyrénées.

 

Tribole, E. (2021). Intuitive Eating for Every Day: 365 Daily Practices & Inspirations to Rediscover the Pleasures of Eating. San Francisco : Chronicle Prism.

 

Tribole, E., Resch, E., Huber, H. (2020). Alimentation intuitive, une approche anti-régime révolutionnaire (4ème éd.). Blackstone Publishing.

Les actualités

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Au menu de cette Brève, les sujets suivants : L'asbl : cotisation 2023, SDD, réunion | L'Association du Diabète | Recherche de membres pour l'ActuDiéta | Les actualités | L'agenda des évènements à venir | Les demandes diverses
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Le « Roi des chemins » sur lequel nous marchons si fréquemment sans y porter la moindre attention, est pourtant depuis toujours une bénédiction pour l’humanité. Son usage thérapeutique remonte au moins à la Grèce antique. Découvrons qui se cache derrière cette plante d’apparence si banale.

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L'excès de poids

« Mindfull eating » ou l’alimentation consciente

Le parcours initiatique de l’obésité ou de l’excès de poids chez un·e patient·e s’accompagne systématiquement d’une transformation intime, de la découverte de nouvelles valeurs et s’accompagne souvent de souffrance. Le critère de temps est nécessaire à l’initiation et à la maturation. Vous trouverez différents itinéraires pour accompagner votre patient·e dans ces quelques lignes non exhaustives.

Dorothée Demoiny, diététicienne agréée aux Cliniques Universitaires UCL Saint-Luc de Bruxelles et diététicienne indépendante

2. « Mindfull eating » ou l’alimentation consciente

Il n’est plus nécessaire de présenter les thérapies de troisième vague (dites cognitivo-comportementales). Plus besoin de présenter la pleine conscience ou « Mindfullness » qui utilise la méditation laïque pour venir en aide aux personnes souffrant de certaines pathologies psychologiques et physiques. Elle a été déclinée afin d’être utilisée dans différentes pathologies comme pour l’approche des groupes de « Mindfulness-Based Eating Awarness Training » (MB-EAT) qui est un entraînement au ressenti alimentaire par la pleine conscience. Ce programme de groupe, créé dans les années 1990 par Jean Kristeller, professeur en psychologie, consacre une grande partie de ses recherches sur les troubles des conduites alimentaires, et notamment les « Binge Eating Disorder » (BED ou en français, frénésie alimentaire ou encore hyperphagie boulimique). Il ne s’agit donc pas de crises aiguës suivies de vomissements accompagnées de comportements compensatoires (purgatifs, vomissements, etc.) mais de grignotages permanents. Le BED désigne une consommation alimentaire excessive, une suralimentation, ainsi que ses traitements. Le programme MB-EAT se base sur le travail de John Kabat-Zinn à propos du programme « Mindulness-Based Stress Reduction » (MBSR). Il s’agit d’un programme constitué d’une approche éducative qui vise, par un apprentissage expérientiel, à développer l’aptitude à répondre plus efficacement au stress, à la douleur et à la maladie en invitant les participants à se relier à leurs ressources internes. L’adaptation française de ce programme américain est, encore une fois, très différente !

Dans cet article consacré à l’alimentation consciente, nous n’aborderons pas une méthode mais bien le développement d’un pôle de compétences permettant l’accès à un bien-être tout en s’entraînant. Nous tenterons notamment de réduire les compulsions alimentaires ou les grignotages intempestifs.

En pratique, les participants au groupe s’engagent à une présence à l’ensemble des séances hebdomadaires. Ils ont par ailleurs des exercices à faire quotidiennement. Cette pratique est très orientée vers le travail sur les sensations alimentaires et les émotions. Plusieurs conseils organisationnels sont à mettre en place :

L’alimentation consciente fait face au pilotage automatique qui conduit la personne et l’amène à « prendre conscience de ce qu’elle fait et de ce qu’elle ressent ». 

Au-delà de la dégustation que l’on ne présente plus, sont abordés l’approche de la balance et ses pensées induites ainsi que le scan corporel ou la méditation par le « balayage corporel ». Une fois la conscience du pilotage automatique révélée, la faim physique et émotionnelle peuvent entrer en action. La recherche de la faim, perçue comme « désagréable » chez les personnes ayant fait un ou des régime·s ou étant en restriction alimentaire, la recherche des stratégies d’évitement ainsi que la mise en place d’un travail sur certains de ces fardeaux est le début de la prise en charge de type MB-EAT. Les moyens proposés sont : une mini-méditation (espace de respiration) sur la balance et son ressenti.

Des « tests » présentés comme des questionnaires d’auto-évaluation permettent au patient de progresser dans sa démarche, mais aussi d’évaluer le chemin parcouru. Quel n’est pas celui qui ne « se voit pas avancer » mais qui, quand on lui pose la question « qu’avez-vous déjà acquis jusqu’ici ? », revoit son point de vue à la hausse.

La notion de satiété peut entrer en ligne de compte une fois la familiarisation des perceptions de faim physique et de faim émotionnelle acquises. Chaque semaine, une auto-évaluation est proposée. La démarche peut à tout moment faire remonter des émotions ou des pensées désagréables. C’est là que la proposition de la méditation en pleine conscience est conseillée afin de mieux les accepter, de leur laisser de la place, de surfer sur la vague des émotions. Un renforcement des acquis est proposé en milieu de cycle. Ensuite les choix, l’écoute des sensations alimentaires et enfin les émotions sont travaillés avec bienveillance.

L’intégration d’un volet diététique aborde la dégustation de certains aliments souvent moins consommés par le patient et faisant partie des familles alimentaires les moins représentées telles que les légumes ou les fruits. Ensuite la dégustation virtuelle d’un buffet peut également être proposée.

La pleine conscience en mouvement (méditer en marchant ; se promener dans la nature et méditer en parallèle ; etc.) est alors abordée, ce qui est l’essentiel du programme de « manger en pleine conscience ». Le but est de permettre d’améliorer les compétences dans des circonstances où le patient est confronté à ses difficultés. L’introduction au mouvement est proposée aux moyens d’exercices inspirés du yoga. L’intégration de la pleine conscience au quotidien étant installée, le but sera de prendre conscience de ce que l’on fait et de ce que l’on ressent. Et ainsi, d’agir plus par choix que par réaction.

Au terme de cette expérience, et de la variabilité au changement en ce qui concerne le vécu par rapport à l’alimentation, deux vérités s’offrent :

La pratique formelle de la pleine conscience est acquise par l’habitude de méditer, plusieurs fois par jour par le biais des mini-méditations, lorsque les émotions risquent de prendre le dessus, mais également par la pratique d’autres exercices telles que le yoga ou la méditation marchée. La pratique informelle doit rester un réflexe lors des ressentis des actes au quotidien, en particulier pendant les repas en faisant le point sur les émotions grâce au cycle émotionnel.

En conclusion, on peut dire que, en général, la paix avec la nourriture est mise en place. La pratique nécessite patience et persévérance. Le conseil est la culture « des petits pas ». Des moments de lassitude arrivent et bousculent le mental, c’est là qu’il faut tenir bon, le soutien mutuel peut être une piste. Il s’agit cependant d’un travail de l’attention, une sorte de sport du cerveau dont l’entraînement est nécessaire, ce qui lui confrère quelques limites.

On peut pratiquer la pleine conscience et l’alimentation en pleine conscience dans une optique de régime amaigrissant et de perte de poids. On peut également manger en pleine conscience et renforcer sa pleine conscience en méditant pour éviter d’avoir envie de manger ou faim.

Alimentation intuitive et alimentation consciente : quelles différences ?

L’alimentation intuitive est une forme de mentalisation, de posture du thérapeute, du travail de l’attention centré sur l’intérieur qui peut s’avérer irrité, contraint par ses émotions.

L’alimentation en pleine conscience est une forme de méditation, d’entraînement de l’attention, qui peut entretenir la restriction cognitive ainsi que l’évitement des envies de manger émotionnelles (EMÉ).

De plus en plus de personnes mentalisent l’alimentation intuitive avant d’entrer en consultation. Leur attention devient alors de plus en plus difficile à déconnecter. Ceci est à ajouter à la pression et aux attentes des patients de manger moins et de perdre du poids, mais aussi du risque de renforcer leurs restrictions cognitives ou leurs évitements dans leurs envies de manger émotionnelles. C’est à ce niveau qu’il est intéressant d’introduire le concept d’auto-compassion ou bienveillance envers soi-même retrouvé dans l’approche du GROS avec son système Bio-Psycho-Sensoriel (BPS – cette approche sera définie ultérieurement) et donc de l’acceptation du poids, de l’alimentation en pleine conscience « non jugeante ». C’est ainsi que l’auto-compassion devient la plus-value de cette alimentation en pleine conscience. Le renforcement de la confiance de son corps et de son ressenti permet une évolution d’une relation sereine.

Bibliographie

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. (2021). Régimes amaigrissants : entretien. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/content/r%C3%A9gimes-amaigrissants-entretien

 

Colin, J.-J., Karsenti, N. (2018). Le plaisir de manger moins avec la pleine conscience. Programme en 9 semaines – 19 exercices audio. Dunod.

 

Dessé, C. (2021). Création d’une consultation d’éducation diététique afin d’augmenter les connaissances diététiques du patient en parcours préopératoire de chirurgie bariatrique (Travail de fin d’études). Haute Ecole Léonard de Vinci, Woluwe.

 

Gaillard, S., Barthassat, V., Pataky, Z., Golay, A. (2011). Un nouveau programme d’éducation thérapeutique pour les patients obèses. Revue Médicale Suisse, 7, 695-699. Retrieved from https://www.revmed.ch/view/510050/4179717/RMS_288_695.pdf

 

Garcia, S. (2022). Alimentation intuitive et alimentation consciente : quelle différence ? Présenté dans le webinaire du GROS du 05 mai.

 

Gravel, K. (2021). De la Culture des diètes à l’alimentation intuitive : réflexions pour manger en paix et apprécier ses cuisses. KO éditions.

 

Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids. (2020, novembre). Congrès 2020 : Alimentation intuitive, peut-on éviter le piège du contrôle ?

 

Groupe de Travail «Évaluation des risques liés à la pratique de régimes à visée amaigrissante ». (2010). Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Rapport d’expertise collective. Anses. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf

 

Groupe de Travail de l’O.M.S. (1998). Education Thérapeutique du Patient. Programmes de formation continue pour professionnels de soins dans le domaine de la prévention des maladies chroniques. Organisation Mondiale de la Santé.

 

Pauchet-Traversat, A.-F. (2007). Guide méthodologique. Structuration d’un programme d’éducation thérapeutique du patient dans le champ des maladies chroniques. Haute Autorité de santé.

 

Pétré, B., Ziegler, O., Guillaume, M. (2019). Éducation thérapeutique du patient obèse en Belgique : contributions du projet EDUDORA. Métabolisme. Vaisseaux, Cœur, Poumons, 24 (3), 20-24. Retrieved from https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/243537/1/EDUDORA%20revue%20VCP%202019%20FR.pdf

 

Ritz, P., Hanaire, H., Estrade, A. (2013). Classeur pédagogique d’un programme d’éducation thérapeutique de proximité pour les patients obèses (OBEPROX). Centre Intégré de l’Obésité Midi-Pyrénées.

 

Tribole, E. (2021). Intuitive Eating for Every Day: 365 Daily Practices & Inspirations to Rediscover the Pleasures of Eating. San Francisco : Chronicle Prism.

 

Tribole, E., Resch, E., Huber, H. (2020). Alimentation intuitive, une approche anti-régime révolutionnaire (4ème éd.). Blackstone Publishing.

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Afin de se préparer au mieux, l'UPDLF est fière de pouvoir vous proposer deux réunions d'information et d'échange à propos du thème de cette année.
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Le « Roi des chemins » sur lequel nous marchons si fréquemment sans y porter la moindre attention, est pourtant depuis toujours une bénédiction pour l’humanité. Son usage thérapeutique remonte au moins à la Grèce antique. Découvrons qui se cache derrière cette plante d’apparence si banale.

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L'excès de poids

L’approche de l’excès de poids : différents itinéraires pour un seul objectif.

Le parcours initiatique de l’obésité ou de l’excès de poids chez un·e patient·e s’accompagne systématiquement d’une transformation intime, de la découverte de nouvelles valeurs et s’accompagne souvent de souffrance. Le critère de temps est nécessaire à l’initiation et à la maturation. Vous trouverez différents itinéraires pour accompagner votre patient·e dans ces quelques lignes non exhaustives.

Dorothée Demoiny, diététicienne agréée aux Cliniques Universitaires UCL Saint-Luc de Bruxelles et diététicienne indépendante

Les accompagnements diététiques dans la problématique du poids peuvent vite virer à la recherche du contrôle ou à l’inverse, à sortir de l’hyper-contrôle. Quand le système de régulation naturelle du poids, faisant référence à l’approche homéostatique, ne se raisonne plus, il fait appel à la réflexion mentale et il n’est alors plus connecté. C’est là qu’entre en ligne de compte, les différents itinéraires proposés.

Tout comme sur une carte au trésor, il existe plusieurs chemins possibles parmi ceux-ci :

1.      L’alimentation intuitive ;

2.      L’alimentation consciente ou pleine conscience ;

3.      L’Education Thérapeutique du Patient ou ETP ;

4.      L’approche du G.R.O.S. (Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids).

Il n’est plus à démontrer les conséquences néfastes des régimes restrictifs depuis le rapport de l’ANSES de 2010.

Chacune de ces approches sera présentée dans un article de l’ActuDiéta. Commençons aujourd’hui par détailler ce qu’est l’alimentation intuitive.

1. L’alimentation intuitive

« Intuitive eating » est un concept créé par Evelyn Tribol dans son livre paru pour la première fois en 1995 en outre-Atlantique, mais qui a surtout été relayé au Canada. Écrivain à succès, diététicienne de formation et travaillant dans un cabinet de nutrition en Californie, elle a été la porte-parole nationale de l’American Dietetic Association pendant six ans. Elle a été rédactrice en chef du magazine « Shape » où sa chronique mensuelle « Recipe Makeovers Clovers » est parue pendant 11 ans. Elle est souvent sollicitée par les médias pour son expertise nutritionnelle et a réalisé des centaines d’interview. Conférencière à ses heures perdues, Evelyn Tribol est passionnée et a été surnommée « merveilleusement sage et drôle ». De nombreux magazines nationaux américains l’ont classée parmi les meilleurs nutritionnistes du pays. Elle doit également sa notoriété au tout premier marathon féminin de 1984 où elle s’est qualifiée pour les essais olympiques. Actuellement, âgée de 63 ans, elle pratique encore différents sports. Son livre « Intuitive Eating » remporte un franc succès et a été revu à plusieurs reprises. Evelyn en est actuellement à la cinquième édition de son ouvrage et une traduction française est disponible depuis mai 2021.

L'ASBL Rosa vous offre un calendrier en ligne gratuit

Pour appliquer l’alimentation intuitive à la diététique nous pouvons nous aider de Karine Gravel. En effet, après de nombreuses analyses, elle nous paraît la personne la plus adéquate pour aider à comprendre les principes de l’alimentation intuitive. Karine Gravel nutritionniste et docteur en nutrition au Québec a fait plusieurs recherches sur le sujet et en a répertorié plus de 125 sur Pubmed. Elle est chargée de cours au département de nutrition de l’université de Montréal, formatrice auprès des professionnels de la santé et notamment auteur de blog sur la nutrition et les comportements alimentaires. Elle a remporté plusieurs prix lors de concours sérieux. Membre de l’ordre des diététistes nutritionniste du Québec, des diététistes du Canada et du Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (G.R.O.S.) de Paris, elle a écrit, en 2021, un livre intitulé « De la culture des diète à l’alimentation intuitive » dans lequel elle présente de manière très concrète l’alimentation intuitive.

Avant de démarrer dans l’alimentation intuitive, il est essentiel de comprendre le « paradigme traditionnel » opposé au « nouveau paradigme ».

C’est à partir de ce point que les 10 principes de l’alimentation intuitive peuvent s’appliquer.

Le but de cette approche est d’améliorer l’acte de vie. C’est une solution de rechange aux « diététiques amaigrissantes » (paradigme traditionnel) afin de réguler la faim et la satiété.

Voici quelques détails des différents principes interprétés et vulgarisés par Karen Gravel :

1/Rejeter la culture des diètes

L’objectif de cette approche n’est pas de perdre du poids mais est d’améliorer sa relation avec son corps. Il s’agit de propositions pour faire le ménage et poser ensuite ses limites alimentaires.

2/Honorer sa faim

Le second principe de cette approche nous propose et nous décrit une échelle de faim, d’équilibre énergétique et de quantité et la manière d’éviter le contrôle de la faim et ses extrêmes. Cette partie n’aborde malheureusement pas la restriction cognitive et son traitement mais cela pourrait être utile de l’intégrer.

3/Faire la paix avec les aliments

La mise en évidence des aliments dits « interdits », ceux qu’on n’ose pas manger par peur de prendre du poids ou ceux qu’on estime mauvais, va permettre de travailler les pensées tout en ayant en tête la permission inconditionnelle de manger selon sa faim et son envie.

4/Cesser de catégoriser les aliments

Nous devons arrêter de défier la police de la nourriture, catégoriser certains aliments et certaines pensées, notamment les pensées nuisibles qui proviennent de la culture des diètes qui sont parfois source de culpabilité. L’alimentation saine ne se limite pas à la valeur nutritive des aliments, mais à l’énergie, au plaisir, aux préférences personnelles, etc. Du point de vue clinique, il s’agit d’un discours « intérieur », de ce qu’on pense quand on mange, de ses préférences.

5/Découvrir le plaisir de manger

Découvrir la satisfaction, le plaisir de manger est un atout qui a été annihilé par cette culture de diète et qui a amené à négliger le plaisir et la satisfaction. L’objectif de ce principe est de visualiser l’aspect sensoriel : davantage de plaisir pour plus de satisfaction et pour manger selon ses besoins. Le plaisir alimentaire d’un point de vue physiologique, affectif et émotionnel, social et culturel, ou encore sensoriel et gustatif amène à un plaisir épicurien. Cela permettra de diversifier les sources de plaisir.

6/Considérer sa sensation de rassasiement

Ressentir la satiété et considérer la sensation de rassasiement est un inconditionnel pour pouvoir manger les aliments souhaités. Pour évaluer son niveau de rassasiement, il est nécessaire d’observer ses signaux corporels et faire une pause au milieu des repas.

Précision sur ce point quant au vocabulaire : la langue anglaise ne distingue pas la « satiété » du « rassasiement ».  Il n’y a pas un seul terme, mais une expression qui permet d’expliquer son ressenti. Ce dernier pouvant être interprété d’une manière différente d’un individu à l’autre. C’est pour cette raison qu’il n’y a que peu de différence entre ces deux termes, ce qui peut porter à confusion.

7/Vivre ses émotions avec bienveillance

L’utilisation de la nourriture de différentes façons en lien avec ses émotions, en les identifiant notamment pour se réconforter, se distraire, résoudre des problèmes, etc. mais aussi sous forme de distraction, d’anesthésie ou même de punition permet de repérer les déclencheurs émotionnels. Dans ce chapitre, la gestion de l’alimentation émotionnelle est abordée ainsi que la manière d’y répondre avec bienveillance. Une fois ces nouvelles manières de gérer les situations difficiles acquises, la nourriture peut continuer à être apaisante mais de manière constructive. La relation deviendra alors plus positive au fur et à mesure qu’elle ne sera plus vécue comme mécanisme d’adaptation. La relation deviendra plus agréable et sans danger. Pour ce principe, il est important d’apprendre à respecter son corps et d’apprécier ce qui y est ressenti.

8/Respecter son corps

Ce principe consiste en l’acceptation de soi et permet de distinguer le niveau énergétique optimal entre poids naturel, poids génétique ou encore poids actuel. La valeur est : « tous les corps méritent la dignité. » La définition du « meilleur poids » est un mode de vie sain dans lequel le patient aime son poids. C’est dans ce principe, qu’il est opportun d’aborder la problématique de l’obésité chez l’enfant et de l’intégrer grâce à des images corporelles afin d’induire un mode de vie sain par le biais de son corps.

9/Ressentir les bienfaits de l’activité physique

Le mouvement joue un rôle important dans cette approche. Il vaut mieux choisir son activité physique en fonction de ses préférences plutôt qu’en fonction de ses besoins. Nous devons trouver les obstacles et les facteurs facilitants l’activité physique, l’intégrer ou l’augmenter progressivement. Tout en ressentant ces nombreux bienfaits et en respectant le corps, il faut l’intégrer dans son mode de vie. Déterminer son niveau de stress, d’anxiété, de sommeil par rapport à sa santé physique et mentale est indispensable, tout comme essayer de dissocier activité physique et perte de poids.

10/Honorer sa santé et ses papilles gustatives

Honorer sa santé avec la nutrition bienveillante revient à ne pas s’opposer à manger sainement avec plaisir, à modérer sa satiété et son équilibre nutritionnel, à avoir une vision globale de son alimentation et ainsi à viser le progrès et non la perfection.

Lorsque tous ces points ont été mis en place, les études scientifiques – interprétées avec prudence – montrent les relations directes positives de l’alimentation intuitive par :

Les relations indirectes d’une alimentation intuitive sont :

L’intégration plus positive de l’image du corps, de la compassion envers soi-même et de la satisfaction de soi sont également des points positifs.

Les Américains étant plus inquiets pour leur santé et leur alimentation que les Français ou les Européens, l’objectif de cette première approche est de faire la paix avec la nutrition et de se diriger vers une santé authentique tout en mangeant sainement. Cette santé authentique est le lien entre le monde intérieur des connexions à soi et le monde extérieur des informations de santé.

En conclusion, il s’agit d’une approche positive de l’alimentation, aucun effet secondaire n’a été répertorié, le changement est durable. C’est une approche qui respecte les principes éthiques de bienveillance et de non-malfaisance en cessant la stigmatisation pondérale, en honorant la diversité corporelle et en considérant la santé globale.

Cette pratique montre cependant des limites :

Nous pouvons envisager d’y adjoindre une autre approche qui sera détaillée dans les autres articles.

Bibliographie

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. (2021). Régimes amaigrissants : entretien. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/content/r%C3%A9gimes-amaigrissants-entretien

 

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Dessé, C. (2021). Création d’une consultation d’éducation diététique afin d’augmenter les connaissances diététiques du patient en parcours préopératoire de chirurgie bariatrique (Travail de fin d’études). Haute Ecole Léonard de Vinci, Woluwe.

 

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Garcia, S. (2022). Alimentation intuitive et alimentation consciente : quelle différence ? Présenté dans le webinaire du GROS du 05 mai.

 

Gravel, K. (2021). De la Culture des diètes à l’alimentation intuitive : réflexions pour manger en paix et apprécier ses cuisses. KO éditions.

 

Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids. (2020, novembre). Congrès 2020 : Alimentation intuitive, peut-on éviter le piège du contrôle ?

 

Groupe de Travail «Évaluation des risques liés à la pratique de régimes à visée amaigrissante ». (2010). Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Rapport d’expertise collective. Anses. Retrieved from https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf

 

Groupe de Travail de l’O.M.S. (1998). Education Thérapeutique du Patient. Programmes de formation continue pour professionnels de soins dans le domaine de la prévention des maladies chroniques. Organisation Mondiale de la Santé.

 

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Tribole, E. (2021). Intuitive Eating for Every Day: 365 Daily Practices & Inspirations to Rediscover the Pleasures of Eating. San Francisco : Chronicle Prism.

 

Tribole, E., Resch, E., Huber, H. (2020). Alimentation intuitive, une approche anti-régime révolutionnaire (4ème éd.). Blackstone Publishing.

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La malnutrition en Inde

Les déterminants climatiques de la malnutrition en Inde

Environ 14% de la population indienne est dénutrie (The World Bank Group, 2021). Cette dénutrition répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce second article s’intéresse aux causes liées aux éléments climatiques.

Noélie Dominicy, diététicienne-nutritionniste agréée

Introduction

D’après les prévisions futures, la production mondiale d’aliments de base est susceptible d’être diminuée. Cette baisse sera due à la hausse des températures et à la variation des précipitations et aura un impact sur la prévalence de la malnutrition. La grandeur de ce changement climatique sur la santé n’est qu’approximative et causera, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 250 000 décès supplémentaires entre 2030 et 2050 dont environ 95 000 décès attribués à la dénutrition infantile (OMS, 2018).

Sur plus d’un milliard d’Indiens, environ 700 millions habitent dans les zones rurales qui dépendent directement des secteurs sensibles au climat (agriculture, pêche, etc.) et des ressources naturelles (eau, biodiversité, prairies, etc.) pour leur alimentation (Amutha & Juliet, 2017). Une augmentation de 1 à 2°C aura un effet sur le rendement des cultures céréalières, impactant ainsi l’état nutritionnel de la population (Mahapatra et al., 2021). Étant donné que l’agriculture de l’Inde dépend principalement de la mousson, la perturbation des précipitations peut entrainer de mauvaises récoltes (Shaw et al., 2020).

Les déterminants climatiques de la malnutrition

Température

Une augmentation de 1 à 2°C de la température a un impact négatif sur les cultures, notamment celle des produits céréaliers. Cette baisse de rendement induit, elle-même, un effet négatif sur les apports alimentaires et l’état nutritionnel de la population (Mahapatra et al., 2021). En effet, la production de denrées alimentaires de base, telles que le riz, les pommes de terre et le blé, est significativement associée à la réduction de la prévalence de malnutrition (Rabbi et al., 2021). De plus, en Inde, la principale source de protéines est issue des légumineuses et des céréales. Les protéines étant elles-mêmes un nutriment déterminant dans la prévalence de la malnutrition (Swaminathan et al., 2012).

En Inde, la température moyenne tend à la hausse (figure 1). Une augmentation d’environ 0,62°C par 100 ans est observée. Cette élévation est plus importante pour les températures maximales (0,99°C par 100 ans) que pour les températures minimales (0,24°C par 100 ans). Ce réchauffement est généralement observé lors de la saison post-mousson[1] et se produit de façon plus importante dans les régions du nord et du nord-ouest (Dhimal et al., 2021; The World Bank Group, 2021).

 

 

[1] Les saisons en Inde sont différentes, il y en a quatre aussi : l’hiver de décembre à février, l’été de mars à juin, la mousson de juin à septembre et la post-mousson d’octobre à novembre.

Figure 1 : Observation de la température moyenne de l’Inde de 1901 à 2020 (The World Bank Group, s. d.)

Sécheresse et inondation

En Inde, les pluies sont saisonnières par nature, et donc l’agriculture est tributaire des conditions climatiques. Une diminution significative de pluie l’affecte donc directement. Lors de l’année 2015-2016, la sécheresse était plus sévère dans le nord et dans la péninsule du sud. L’humidité est quant à elle principalement localisée dans l’est et le nord-est (figure 2) (Shaw et al., 2020). Les chocs climatiques, tels que la sécheresse ou les inondations, ont un impact négatif sur la sécurité alimentaire. Cet impact est plus important chez les populations rurales (Brown et al., 2020).

D’une part, une augmentation de la sécheresse induit une augmentation de la prévalence de malnutrition (Amegbor et al., 2020; Hagos et al., 2014; Rabbi et al., 2021). Ceci s’explique par une diminution de la production, notamment céréalière, lors des périodes de sécheresse. Cette diminution   est un prédicteur de malnutrition (Lieber et al., 2020). En effet, les ménages situés dans des régions faisant l’expérience d’une année plus sèche que la moyenne tendent à déclarer plus d’insécurité alimentaire que ceux qui expérimentent une année plus humide que la moyenne (Brown et al., 2020). En Inde, dans 92 districts, il y a une association entre une prévalence plus élevée de retard de croissance lorsque les valeurs de l’indice de condition de sécheresse échelonnée (SDCI) sont faibles, c’est-dire lorsqu’il y a une sécheresse (figure 3a). Cela indique qu’en cas de sécheresse agricole, il y a une déficience d’apports nutritionnels chez les enfants, les rendant plus susceptibles à un retard de croissance. De même, un SDCI plus faible est associé à une prévalence d’insuffisance pondérale plus élevée dans 72 districts (figure 3b). Cette même association se produit dans 36 districts pour l’émaciation (figure 3c) (Shaw et al., 2020). Récemment, l’Inde observe des périodes de sécheresse plus fréquentes. Il y a eu une augmentation de 27% entre la période allant de 1981 à 2011 par rapport à celle allant de 1951 à 1981 (The World Bank Group, 2021).

Figure 2 : Distribution annuelle selon l’Indice de condition de sécheresse échelonné (SDCI) à travers l'Inde pendant l'année 2015-2016. La couleur marron indique une sécheresse sévère grave ; le bleu représente un état humide (Shaw et al., 2020).
Figure 3 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée de l'Inde montrant le regroupement de l’indice de condition de sécheresse échelonnée (SDCI) avec (a) le retard de croissance ; (b) l’insuffisance pondérale et (c) l’émaciation chez les enfants de moins de 5 ans dans les districts de l’Inde, 2015-2016 (Shaw et al., 2020).

D’autre part, une quantité excessive de précipitation peut également perturber la production alimentaire, et de ce fait la production économique, rendant la population plus susceptible de malnutrition (Amegbor et al., 2020; Brown et al., 2020). En Inde, les inondations sont la plus grande source de pertes annuelles liées aux catastrophes (figure 4) dont le coût est estimé à 7 milliards de dollars (The World Bank Group, 2021). Pour cette raison les enfants vivant dans des ménages touchés par des inondations sont deux fois plus susceptibles de souffrir de malnutrition que ceux vivant dans des zones non inondées (Mahapatra et al., 2021). Entre 1950 et 2015, la fréquence des précipitations extrêmes quotidiennes avec des intensités de pluie dépassant 150 mm par jour a augmenté d’environ 75% dans le centre de l’Inde (The World Bank Group, 2021).

Figure 4 :Occurrence annuelle moyenne des risques naturels pour 1900-2018 (The World Bank Group, s. d.).

Degré de vulnérabilité aux changements climatiques

Les régions du pays ont des profils climatiques différents, ainsi que des degrés de vulnérabilité différents dû à une variation climatique (The World Bank Group, s. d.). Par conséquent, les terres agricoles des différents districts ont des degrés de vulnérabilité différents selon leur localisation (figure 5). Les enfants vivant dans ces districts plus vulnérables aux changements climatiques sont plus susceptibles de souffrir de malnutrition que ceux vivants dans les districts moins vulnérables à ces changements (Mahapatra et al., 2021).

Figure 5 : Degré de vulnérabilité de l’agriculture au changement climatique au niveau des districts (Mahapatra et al., 2021).

En effet, les cartes (figure 6) suggèrent que les points chauds entre la malnutrition et le degré de vulnérabilité sont principalement regroupés dans la partie occidentale et centrale de l’Inde. Cependant, il y a également des points chauds dans l’est du pays pour le retard de croissance. 69 districts ayant une vulnérabilité élevée présentent des indicateurs de nutrition élevés concernant l’insuffisance pondérale, le retard de croissance, l’émaciation et l’anémie. De plus, l’ampleur de la différence entre un degré de vulnérabilité très élevé par rapport à un degré de vulnérabilité très faible est beaucoup plus importante pour des enfants victimes d’une malnutrition sévère (Mahapatra et al., 2021).

Figure 6 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée de l'Inde montrant le regroupement entre le degré de vulnérabilité et les indicateurs de malnutrition, (a) retard de croissance ; (b) émaciation ; (c) insuffisance pondérale ; (d) anémie (Mahapatra et al., 2021).

Prévisions futures

Entre 2030 et 2050 il y aura, selon l’OMS, environ 250 000 décès supplémentaires par an, au niveau mondial, directement liés aux changements climatiques. Ces derniers provoqueront également de la malnutrition. Les zones où les infrastructures de santé sont faibles seront moins équipées pour affronter et répondre à ces changements. C’est principalement le cas dans les pays à faibles et moyens revenus (OMS, 2018).

L’Inde est très exposée aux inondations. Étant donné que l’augmentation de la température semble augmenter les précipitations extrêmes, il devrait s’observer, dans le futur, des précipitations encore plus intenses, pouvant mener à des inondations. Ces phénomènes seront plus axés sur les États du Bihar, Uttar Pradesh et West Bengal. Il est estimé que la population affectée par ces inondations augmentera de l’ordre de 22 millions de personnes dans les années 2030 à 2040. De plus, le pays est également exposé à la sécheresse qui devrait s’accentuer, notamment dans le sud et l’est du pays.  En ce qui concerne les températures, les moyennes devraient aussi augmenter de 1,1°C à 4,5°C d’ici la fin du siècle (figure 7). Alors que le pays fait déjà régulièrement l’expérience des températures maximales les plus élevées du monde. De ce fait, les problèmes de santé liés à la chaleur, tels que la malnutrition, devraient s’intensifier, la sécurité alimentaire de l’Inde étant fortement dépendante de la production céréalière. Un tiers des terres du pays est utilisé pour cette production. L’augmentation des évènements climatiques extrêmes aura donc un impact négatif sur la sécurité alimentaire en diminuant le rendement, ce qui aura un impact sur la situation économique, alors que le pays présente déjà une vulnérabilité sociale (The World Bank Group, 2021) et une augmentation du prix des aliments. Ceci baisserait la consommation d’aliments, et donc de calories, ce qui entrainera de fait un effet sur la dénutrition (Fanzo et al., 2018). Les personnes les plus touchées seront les agriculteurs marginaux, les communautés côtières, les familles à faibles revenus et les communautés forestières. L’impact sera également plus important chez les femmes et les groupes défavorisés. Dans les zones urbaines, la hausse des températures va également creuser les inégalités. Et les infrastructures seront confrontées à des pressions quant à la gestion des ressources en eau (The World Bank Group, 2021).

En outre, les changements climatiques affecteraient la qualité des aliments, en matière de diversité, de densité nutritionnelle et de sécurité. (Fanzo et al., 2018; Swaminathan et al., 2012; The World Bank Group, 2021). Les émissions de dioxyde de carbone sont en augmentation depuis 1960. En 58 ans, elles se sont multipliées par 20 (figure 8) (The World Bank Group, s. d.).

Le dioxyde de carbone réduit la qualité nutritionnelle des cultures, notamment celles des céréales et des légumineuses. Dans les cultures, les teneurs en protéines, fer et zinc sont diminuées suite à l’augmentation du dioxyde de carbone. Ceci impacte les carences en macro et micronutriments. D’autant plus que, rappelons-le, les légumineuses sont la principale source de protéines en Inde.

Figure 7 : Projection des températures moyennes en Inde sur base d’un ensemble multi-modèle (période de référence : 1995-2014) (The World Bank Group, s. d.).
Figure 8 : Émissions de dioxyde de carbone en Inde de 1960 à 2018 (en tonnes métriques par habitant) (The World Bank Group, s. d.).

Conclusion

La malnutrition, déjà très présente en Inde, est favorisée par l’augmentation de la température, des sécheresses et des inondations, d’autant plus pour les habitants des zones vulnérables aux changements climatiques. Les États du Bihar, Chhattisgarh, Gujarat, Jharkhand, Karnataka, Madhya Pradesh, Rajasthan et Uttar Pradesh ont une exposition plus importante aux déterminants de la malnutrition.

Pour réduire la charge de la malnutrition, la mise en place de politiques à court et à long terme est primordiale. L’Inde étant vulnérable aux changements climatiques, et l’état nutritionnel de la population étroitement lié au rendement des cultures, adopter une politique visant à réduire l’impact négatif du changement climatique est crucial pour éviter l’augmentation de la malnutrition dans les années à venir.

Bibliographie

Amegbor, P. M., Zhang, Z., Dalgaard, R., & Sabel, C. E. (2020). Multilevel and spatial analyses of childhood malnutrition in Uganda : Examining individual and contextual factors. Scientific Reports, 10(1), 20019. https://doi.org/10.1038/s41598-020-76856-y

 

Amutha, D., & Juliet, M. (2017). Impact of Climate Changes on Human Health in India (SSRN Scholarly Paper ID 3071055). Social Science Research Network. https://doi.org/10.2139/ssrn.3071055

 

Brown, M. E., Backer, D., Billing, T., White, P., Grace, K., Doocy, S., & Huth, P. (2020). Empirical studies of factors associated with child malnutrition : Highlighting the evidence about climate and conflict shocks. Food Security, 12(6), 1241‑1252. https://doi.org/10.1007/s12571-020-01041-y

 

Dhimal, M., Bhandari, D., Dhimal, M. L., Kafle, N., Pyakurel, P., Mahotra, N., Akhtar, S., Ismail, T., Dhiman, R. C., Groneberg, D. A., Shrestha, U. B., & Müller, R. (2021). Impact of Climate Change on Health and Well-Being of People in Hindu Kush Himalayan Region : A Narrative Review. Frontiers in Physiology, 12(651189), 1‑13. https://doi.org/10.3389/fphys.2021.651189

 

Fanzo, J., Davis, C., McLaren, R., & Choufani, J. (2018). The effect of climate change across food systems : Implications for nutrition outcomes. Global Food Security, 18, 12‑19. https://doi.org/10.1016/j.gfs.2018.06.001

 

Hagos, S., Lunde, T., Mariam, D. H., Woldehanna, T., & Lindtjørn, B. (2014). Climate change, crop production and child under nutrition in Ethiopia; a longitudinal panel study. BMC Public Health, 14(1), 884‑893. https://doi.org/10.1186/1471-2458-14-884

 

Lieber, M., Chin-Hong, P., Kelly, K., Dandu, M., & Weiser, S. D. (2020). A systematic review and meta-analysis assessing the impact of droughts, flooding, and climate variability on malnutrition. Global Public Health. https://doi.org/10.1080/17441692.2020.1860247

 

Mahapatra, B., Walia, M., Rao, C. A. R., Raju, B. M. K., & Saggurti, N. (2021). Vulnerability of agriculture to climate change increases the risk of child malnutrition : Evidence from a large-scale observational study in India. PLOS ONE, 16(6), e0253637. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0253637

 

Rabbi, S. E., Ali, M., Costa, L. C., Pradhan, P., Rahman, A., Yunus, F. M., & Kropp, J. P. (2021). Identifying climatic and non-climatic determinants of malnutrition prevalence in Bangladesh : A country-wide cross-sectional spatial analysis. Spatial and Spatio-Temporal Epidemiology, 37, 100422. https://doi.org/10.1016/j.sste.2021.100422

 

Shaw, S., Khan, J., & Paswan, B. (2020). Spatial modeling of child malnutrition attributable to drought in India. International Journal of Public Health, 65(3), 281‑290. https://doi.org/10.1007/s00038-020-01353-y

 

Swaminathan, S., Vaz, M., & Kurpad, A. V. (2012). Protein intakes in India. The British Journal of Nutrition, 108 Suppl 2, S50‑S58. https://doi.org/10.1017/S0007114512002413

 

The World Bank Group. (s. d.). World Bank Climate Change Knowledge Portal—India. Consulté 1 décembre 2021, à l’adresse https://climateknowledgeportal.worldbank.org/country/india

 

The World Bank Group. (2021). Climate risk country profile : India (p. 1‑40). https://climateknowledgeportal.worldbank.org/sites/default/files/country-profiles/15503-WB_India%20Country%20Profile-WEB.pdf

 

World Health Organization. (2018, février 1). Climate change and health. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/climate-change-and-health

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La malnutrition en Inde

Les déterminants non climatiques de la malnutrition en Inde

Environ 14% de la population indienne est dénutrie (The World Bank Group, 2021). Cette dénutrition est répartie dans l’ensemble du pays de façon hétérogène et peut être expliquée par des déterminants climatiques et non climatiques. Ce premier article s’intéresse aux causes liées aux éléments non climatiques. Un second article, détaillant les causes climatiques sera publié dans les prochaines semaines.

Noélie Dominicy, diététicienne-nutritionniste agréée

Introduction

Au niveau mondial, on estime qu’il y a environ 768 millions de personnes sous-alimentées. Parmi celles-ci, 418 millions habitent en Asie, 282 millions en Afrique et 60 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes (FAO et al., 2021). La malnutrition est majoritairement due à des causes immédiates, notamment un apport alimentaire insuffisant, un manque de soins ou une présence de maladies. Elle est aussi liée à des causes plus latentes, comme un accès inapproprié à la nourriture, des soins inadéquats, ou le manque de services de santé. De plus, elle résulte également de causes fondamentales. Parmi celles-ci, on relève un environnement néfaste (par exemple : un environnement pollué, pas ou peu d’accès à l’eau potable, un logement insalubre, etc.), une éducation inadéquate, les structures politiques et économiques défaillantes et le manque de ressources (Khan & Mohanty, 2018).

Les femmes et les enfants sont particulièrement à haut risque de malnutrition à cause de leur physiologie. La malnutrition chez les femmes amène des conséquences sur leur santé, leur ménage et le développement national (Akeresola & Gayawan, 2020). Quant aux enfants mal nourris, ils sont plus enclins à développer des maladies car ils ont une plus faible résistance aux infections, et en définitive, sont plus à risque de mourir (Gayawan et al., 2019b).

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Hétérogénéité spatiale de la malnutrition en Inde

Dans plusieurs pays à bas et moyens revenus, un certain nombre d’études se sont focalisées sur les disparités géographiques de la malnutrition, démontrant des relations environnementales, spatio-économiques et socio-économiques (Akeresola & Gayawan, 2020; Gayawan, Adebayo, Komolafe, et al., 2019; Rabbi et al., 2021). Ce phénomène de disparité existe également en Inde. Sur base de l’enquête nationale sur la santé des familles (National Family Health Survey, NFHS-4) qui a été réalisée en 2015 et 2016, il a été mis en évidence que la malnutrition infantile est plus élevée dans les districts appartenant aux États de l’Uttar Pradesh, du Bihar, du Jharkhand, du Madhya Pradesh et du Rajasthan (figure 1) (Khan & Mohanty, 2018).

Figure 1 : Cartes de l'Inde montrant la répartition géographique dans les districts de l’Inde des taux de malnutrition chez les enfants : (a) retard de croissance (b) insuffisance pondérale (c) émaciation, 2015-16 (Khan & Mohanty, 2018).

Les déterminants non climatiques de la malnutrition

Facteurs socio-économiques

Les districts indiens ayant une incidence de pauvreté plus élevée présentent une prévalence plus élevée de retard de croissance, d’insuffisance pondérale et d’émaciation. Dans 126 des 640 districts, soit 20% de tous les districts, la plus forte prévalence de retard de croissance est corrélée avec le plus haut niveau de pauvreté (figure 2a). 146 districts, soit 23%, présentent une insuffisance pondérale élevée et une grande pauvreté (figure 2b). À l’inverse, 104 districts sont classés comme « points froids », c’est-à-dire ayant une faible pauvreté et un faible retard de croissance et d’émaciation (figure 2b et c) (Khan & Mohanty, 2018).

Figure 2 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée (LISA) de l'Inde montrant le regroupement géographique (points chauds et points froids) de (a) pauvreté vs retard de croissance ; (b) pauvreté vs insuffisance pondérale ; (c) pauvreté vs émaciation dans les districts de l'Inde, 2015-2016 (Khan & Mohanty, 2018).

De plus, il y a une association entre le niveau d’éducation des femmes et l’indice de richesse de leur ménage avec leur statut nutritionnel. Plus ces femmes se situent dans des classes supérieures, plus elles sont enclines à être en surpoids ou obèses. En effet, ces femmes ont de meilleures chances d’avoir un travail qui leur offre un salaire permettant une alimentation suffisante. Si celles-ci ne font pas attention, l’alimentation peut devenir excessive et mener à une surnutrition (Akeresola & Gayawan, 2020). Le statut nutritionnel d’un enfant s’améliore aussi si l’indice de richesse du ménage et l’éducation de la mère augmentent. Avec plus d’éducation, une femme est habilitée à connaitre et administrer une alimentation saine à elle-même et ses enfants (Akombi et al., 2017; Fagbohungbe et al., 2020; Hernández-Vásquez & Tapia-López, 2017).

Facteurs spatio-économiques

Dans les pays à bas et moyens revenus, habiter dans un lieu rural est associé à une prévalence de la malnutrition plus élevée (Akombi et al., 2017; Hernández-Vásquez & Tapia-López, 2017). En Inde également, le risque de malnutrition infantile est plus élevé en milieu rural (Yadav et al., 2015).

En outre, l’eau, les sanitaires et l’hygiène sont des piliers de la nutrition, étant donné qu’ils préviennent les épisodes répétés de diarrhées et les maladies infectieuses liées à l’eau. La disponibilité ou l’amélioration des sanitaires dans les ménages réduit donc les risques de malnutrition chez les enfants (Chuang et al., 2020; Fagbohungbe et al., 2020; Gera et al., 2018; Rabbi et al., 2021). Donc, un accès sûr aux sources d’eau réduit la probabilité de malnutrition dans les ménages pauvres (figure 3) (Akombi et al., 2017; Cuesta, 2007; Singh et al., 2021). En Inde, une étude suggère une prévalence plus faible de la malnutrition dans les districts où la couverture sanitaire est plus élevée. Et, s’il y a une augmentation du niveau d’assainissement des ménages, il s’observe une tendance claire à la baisse de la malnutrition (Khan & Mohanty, 2018). En effet, cet assainissement réduit le risque d’infection chez les enfants. D’ailleurs, une association positive entre l’assainissement des ménages et la croissance linéaire chez les enfants a été montrée (Rah et al., 2015). En parallèle, la présence de sanitaires de mauvaise qualité agit négativement sur la prévalence de la malnutrition (figure 4) (Singh et al., 2021).

Figure 3 : Présence d’eau potable de mauvaise qualité (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).
Figure 4 : Présence d’installations sanitaires de mauvaise qualité (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).

De plus, l’absence de l’utilisation des infrastructures de santé est associée à une prévalence plus élevée de la malnutrition (Akombi et al., 2017). En Inde, le taux d’utilisation des infrastructures de santé s’améliore là où on observe une hausse du statut de richesse et une meilleure éducation. En outre, les personnes résidant en zone urbaine demandent plus de soins médicaux que celles vivant en zone rurale. Plus il y a des obstacles à l’accès aux soins de santé, moins les services de santé sont demandés. Et dans les zones rurales, l’accessibilité des soins de santé est faible par manque de transports publics. D’autre part, les établissements de santé dans les zones rurales ont des infrastructures inadéquates, sont en manque d’équipements, de médicaments et de personnel soignant. Ceci implique que les résidents des zones rurales, qui représentent 68% de la population indienne, n’aient pas d’autres choix que de se faire soigner par des prestataires informels, tels que des guérisseurs, des charlatans, etc. (Khanam & Hasan, 2020; Kumar & Singh, 2016; Maharatha & Dash, 2021; Taqi et al., 2017).

En Inde, le système de santé se compose d’un mélange de services publics et privés (Kumar & Singh, 2016). Les traitements dans les établissements privés ont des coûts élevés. Et les infrastructures publiques sont de plus en plus inaccessibles à cause d’une insuffisance de service (Sreenu, 2019). Le système des soins de santé publique est développé en un système à trois niveaux : les soins de santé primaires, les centres secondaires et les centres de santé communautaires. Malheureusement, il y a une inégalité quant à la disponibilité de ces systèmes. Certains États présentent un surplus d’infrastructures, alors que d’autres sont en insuffisance (figure 5) (Taqi et al., 2017).

Figure 5 : Insuffisance physique des infrastructures en milieu rural pour les (a) centres secondaires ; (b) soins de santé primaires ; (c) centres de santé communautaires en 2015 (Taqi et al., 2017).

Aussi, l’absence de visites prénatales a un effet négatif sur l’émaciation (figure 6) (Singh et al., 2021). L’amélioration de la couverture des soins prénatals et la suppression des obstacles liés aux inégalités en matière de santé permettraient de réduire progressivement la malnutrition infantile. Cependant, les mères doivent d’abord connaitre les services disponibles et les percevoir comme étant bénéfiques pour leurs enfants (Baqui et al., 2007; Ladusingh & Holendro Singh, 2007; Maharatha & Dash, 2021).

Figure 6 : Absence de visite prénatale (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).

Santé de la mère et allaitement maternel

Plusieurs études montrent un lien entre l’IMC de la mère et l’état nutritionnel de l’enfant (Akombi et al., 2017; Khan & Mohanty, 2018; Singh et al., 2021). En particulier, un IMC faible (inférieur à 18.5 kg/m2) contribue à un retard de croissance du fœtus, ce qui augmente le risque de décès néonatal. Parmi les survivants, un petit poids de naissance peut amener à une dénutrition et un retard de croissance. De plus, un allaitement maternel sous-optimal entraine un risque accru de la mortalité lors des deux premières années de la vie (Black et al., 2013). En Inde, les districts où plus de 30% des femmes ont un IMC inférieur à la normale présentent une prévalence plus élevée de malnutrition infantile par rapport aux autres districts (figure 7) (Khan & Mohanty, 2018).

Figure 7 : Cartes de clusters des indicateurs locaux d'association spatiale bivariée de l'Inde montrant le regroupement géographique (points chauds et points froids) de (a) IMC des mères par rapport au retard de croissance ; (b) IMC des mères par rapport à l'insuffisance pondérale ; (c) IMC des mères par rapport à l'émaciation dans les districts de l'Inde, 2015-2016 (Khan & Mohanty, 2018).

L’allaitement maternel exclusif a un effet positif sur l’état de nutrition de l’enfant (Singh et al., 2021). La pratique de l’alimentation des nourrissons est associée à l’éducation de la mère (Jayachandran & Kuziemko, 2011). De plus, la pratique de l’allaitement maternel est liée avec la réception d’informations lors de la grossesse (Baqui et al., 2007). En Inde, 63 districts constituent des points chauds, c’est-à-dire qu’il y a une absence d’allaitement maternel exclusif et une présence de malnutrition. À l’inverse, 67 districts constituent les points froids (figure 8) (Singh et al., 2021).

Figure 8 : Absence d’allaitement maternel exclusif (a) carte de signification ; (b) carte de signification selon l’indicateur LISA ; (c) carte de clusters selon l’indicateur LISA ; (d) diagramme de dispersion de Moran I de l’Inde, 2015-2016 (Singh et al., 2021).

Croyances culturelles

Dans d’autres pays à faibles et moyens revenus, certains parents, à cause de leur religion ou de leurs croyances culturelles, privent leurs enfants de consommer certains aliments qui pourraient leur apporter des nutriments dont ils ont besoin ou être bénéfiques pour leur santé (Gayawan, Adebayo, & Waldmann, 2019). Ceci est donc également une explication possible de l’hétérogénéité spatiale de la malnutrition en Inde. Car des parents ne donnent pas certains aliments à leurs enfants pour des raisons culturelles, même si ces aliments s’avèrent nutritifs (Yadav et al., 2015).

Dans le cadre de l’allaitement maternel en Inde, il y a aussi un lien entre le sexe de l’enfant et l’état de nutrition de celui-ci, en défaveur des filles (Singh et al., 2021). Et une étude réalisée dans le district rural de Baramulla, dans la région de Kashmir en Inde, montre que les enfants de sexe féminin sont plus vulnérables à la malnutrition. L’orthodoxie envers les femmes les réprimande. Et elles sont donc négligées dans leur accès à l’alimentation, aux soins de santé et à l’éducation (Lone & Mayer, 2020). Le traitement des filles, en matière de nutrition, dépend aussi du degré d’éducation de la mère : il y a plus de discrimination si la mère est analphabète (Borooah, 2004).

Conclusion

La malnutrition est très présente en Inde et est distribuée spatialement de manière hétérogène. Cette malnutrition est principalement regroupée dans les zones géographiques où les niveaux de pauvreté et d’éducation des femmes sont les plus bas. De plus, le lieu de résidence a un impact sur l’état de nutrition. C’est-à-dire que les habitants des zones rurales sont plus enclins à la malnutrition. La présence de sanitaires, d’un accès à l’eau potable et de l’utilisation des infrastructures de santé sont aussi des facteurs déterminants pour réduire la malnutrition.

Pour réduire la charge de la malnutrition dans le pays, la mise en place de politiques à court et à long terme est primordiale. Il est nécessaire d’assurer l’éducation des femmes et de promouvoir la santé et l’alimentation équilibrée. Ces politiques doivent agir de façon globale et ciblée. En effet, octroyer un budget plus important dans les zones les plus touchées pourra réduire les inégalités en termes de malnutrition dans le pays. Aussi, améliorer l’accessibilité, les infrastructures de santé dans les zones en pénurie ainsi que leurs équipements permettra à la population de pouvoir en bénéficier et, en définitive améliorer son état nutritionnel et sa santé de manière générale.

Bibliographie

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Singh, M., Alam, M. S., Majumdar, P., Tiwary, B., Narzari, H., & Mahendradhata, Y. (2021). Understanding the Spatial Predictors of Malnutrition Among 0–2 Years Children in India Using Path Analysis. Frontiers in Public Health, 9, 667502. https://doi.org/10.3389/fpubh.2021.667502

 

Sreenu, N. (2019). Healthcare infrastructure development in rural India : A critical analysis of its status and future challenges. British Journal of Healthcare Management, 25(12), 1‑9. https://doi.org/10.12968/bjhc.2018.0072

 

Taqi, M., Bidhuri, S., Sarkar, S., Ahmad, W. S., & Wangchok, P. (2017). Rural Healthcare Infrastructural Disparities in India : A Critical Analysis of Availability and Accessibility. Journal of Multidisciplinary Research in Healthcare, 3(2), 125‑149. https://doi.org/10.15415/jmrh.2017.32011

 

The World Bank Group. (2021). Climate risk country profile : India (p. 1‑40). https://climateknowledgeportal.worldbank.org/sites/default/files/country-profiles/15503-WB_India%20Country%20Profile-WEB.pdf

 

Yadav, A., Ladusingh, L., & Gayawan, E. (2015). Does a geographical context explain regional variation in child malnutrition in India? Journal of Public Health, 23(5), 277‑287. https://doi.org/10.1007/s10389-015-0677-4

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Travail de fin d'études

« Deux semaines de menus autour de l’Assiette saine planétaire de EAT-Lancet », un e-book de trente recettes pour encourager vos patients à adopter une alimentation durable et flexitarienne.

Compte tenu du réchauffement climatique actuel, la création d’un système alimentaire durable est devenue indispensable et urgent. Les diététiciens ont un rôle essentiel à jouer dans la transition écologique afin de sensibiliser leurs patients à adopter une alimentation respectueuse de la planète et de leur santé. A l’initiative du Groupe des Diététiciens pour l’Écologie Alimentaire (GDEA), un fréquentiel et un e-book de deux semaines de menus ont été réalisés autour de l’Assiette saine planétaire de EAT-Lancet.

Hélène Mambourg, diététicienne agréée
Alexandra Gatel, diététicienne agréée, maître de formation pratique au sein de la Haute École Léonard de Vinci - Département diététique

Cet e-book a été réalisé dans le cadre du travail de fin d’études d’Hélène Mambourg à la Haute École Léonard de Vinci – Département diététique, encadré par Madame Alexandra Gatel, diététicienne-nutritionniste.

Ce projet est une initiative du GDEA, avec l’asbl AKTINA soutenue par l’Agence pour une Vie de Qualité (AViQ) pour son application Batra « Comprendre pour manger en paix » et pour la campagne « C’est trop Bon ! – Bon à manger, Bon pour mon corps, Bon pour la planète » avec Pascale Marcoux, diététicienne-nutritionniste.

Présentation de EAT-Lancet

Fondation internationale à but non lucratif, EAT-Lancet est une plateforme mondiale scientifique qui œuvre pour transformer le système alimentaire actuel en un système juste et durable au service de l’humanité et de la planète.

Selon EAT-Lancet, « l’alimentation est le levier le plus puissant pour optimiser la santé humaine et la durabilité environnementale ». Notre système agroalimentaire actuel menace à la fois la stabilité de notre planète et la santé humaine car la production alimentaire constitue le principal facteur de dégradation environnementale. De nombreuses preuves scientifiques établissent des liens entre le système alimentaire, la santé humaine et la durabilité de l’environnement. Cependant, il n’existe aucun objectif scientifique universel en faveur d’un système alimentaire au service de la durabilité de la planète et de la santé humaine.

C’est pour cette raison que la Commission EAT-Lancet a réuni 37 experts de différents domaines (santé publique, agriculture, sciences politiques, durabilité environnementale, etc.) provenant de 16 pays afin de définir des objectifs mondiaux et de les traduire en actions concrètes. L’objectif est d’atteindre d’ici 2050 une production alimentaire durable et une alimentation saine pour une population mondiale de 10 milliards d’habitants en poursuivant l’Accord de Paris pour le Climat et les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies (1).

Un objectif : nourrir de manière saine et durable 10 milliards d’humains en 2050

La plupart des études qui analysent les impacts environnementaux de l’alimentation concluent qu’une alimentation riche en végétaux (fruits, légumes, noix, céréales complètes) et qui contient une petite proportion d’aliments d’origine animale présente des avantages à la fois en termes de santé et d’environnement.

En effet, l’adoption d’une alimentation saine permettrait d’épargner environ 11 millions de décès prématurés par an (1).

L’Assiette saine planétaire adaptée à la Belgique

L’Assiette saine planétaire fournit par catégorie d’aliments la quantité moyenne à consommer. Cette quantité a été ajustée en fonction des habitudes alimentaires des Belges (2) et des recommandations du Conseil Supérieur de la Santé (3, 4, 5) sur base d’un apport énergétique moyen de 2000kcal par jour pour un adulte (18-64 ans) en bonne santé ayant une activité physique modérée.

Une alimentation saine : moins de viande et plus de fruits, de légumes et de légumineuses

Le nouveau système alimentaire durable prévoit de doubler la consommation mondiale de fruits, légumes, noix et légumineuses et de diminuer de moitié la consommation de viande rouge et de sucre. L’Assiette saine planétaire sera composée d’une demi-assiette de fruits et légumes tandis que la deuxième moitié sera composée principalement de céréales complètes, de protéines végétales, de matières grasses insaturées et de quantités limitées de protéines animales, de céréales raffinées, d’aliments hautement transformés et de sucres ajoutés (1).

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Figure 1 : Le nouveau système alimentaire durable

Dans cet e-book, les repas ont été élaborés avec des ingrédients locaux, de saison (automne-hiver), majoritairement bruts et issus de l’agriculture biologique. Les quelques produits n’entrant pas dans cette catégorie ont été sélectionnés en fonction de leur caractère équitable et selon leur moyen de transport à faible impact en carbone.

Dans la liste des ingrédients, leur provenance (pays où ils sont cultivés) est mentionnée ainsi que le nom de leurs fournisseurs à titre indicatif.

Cette application permet de scanner les codes-barres alimentaires et d’accéder aux informations obligatoires avant tout acte d’achat. Cette application 100% belge et gratuite permet de configurer des alertes en paramétrant des préférences personnalisées et anonymes telles que des valeurs nutritionnelles, des scores, labels, certifications, des allergènes et des additifs. (6)

C’est simple, sain, bon, durable et c’est indispensable !

Bibliographie

(1) Willett, W., Rockström, J., Loken, B., Springmann, M., Lang, T., Vermeulen, S., Garnett, T., Tilman, D., DeClerck, F., Wood, A., Jonell, M., Clark, M., Gordon, L. J., Fanzo, J., Hawkes, C., Zurayk, R., Rivera, J. A., de Vries, W., Majele Sibanda, L., Murray, C. J. L. (2019). Food in the Anthropocene: the EAT–Lancet Commission on healthy diets from sustainable food systems. The Lancet, 393(10170), 447-492. https://doi.org/10.1016/s0140-6736(18)31788-4

 

(2) De Ridder, K., Bel, S., Brocatus, L., Lebacq, T., Ost, C., & Teppers, E. (2016). Enquête de consommation alimentaire 2014-2015. Institut Scientifique de Santé Publique.

https://fcs.wiv-isp.be/nl/Gedeelde%20%20documenten/FRANS/Resume_FR_finaal_web.pdf

(3) Conseil Supérieur de la Santé. (2016). Recommandations nutritionnelles pour la Belgique – 2016 (CSS n° 9285).

 

(4) Conseil Supérieur de la Santé. (2019). Recommandations alimentaires pour la population Belge adulte – 2019 (CSS n° 9284).

 

(5) Conseil Supérieur de la Santé. (2021). Alimentation végétarienne – 2021 (CSS n° 9445). https://www.health.belgium.be/sites/default/files/uploads/fields/fpshealth_theme_file/210409_css-9445_alimentation_vegetarienne_vweb.pdf

 

(6) Batra (s.d.). Comprends ce que tu achètes avec Batra ! Batra. https://batra.be/application-alimentaire/

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C'est l'automne !

L’Églantier, un Rosier sauvage qui risque de vous surprendre

Sous l’apparence d’une épaisse broussaille à la floraison et à la fructification spectaculaire, La belle princesse des haies révèle bien des merveilles pour nous nourrir et nous soigner. À l’origine de tous les Rosiers qui prospèrent dans nos jardins, celui-ci était déjà connu des Romains qui en faisaient macérer les pétales parfumés dans du vin.

Pauline de Voghel, diététicienne agréée. www.paulinedevoghel.be, info@paulinedevoghel.be

D’abord, l’identifier avec exactitude

Cet arbrisseau de 2 à 5 mètres de haut se retrouve typiquement dans les haies endémiques en lisières de bois, bords de chemins forestiers, talus et pâturages.

Ses rameaux à la fois robustes et souples, dressés et arqués, sont armés de solides aiguillons fortement crochus. Ses feuilles alternes sont divisées en 5 à 7 folioles ovales de 1,5 à 4 cm et finement dentées sur les bords.

Ses fleurs de 2 à 8 cm, fragiles et au parfum délicat, sont formées de 5 pétales libres entre eux, d’un blanc pur au rose pâle, voire à la lisière du rouge.

Son faux-fruit appelé le « Cynorrhodon » vient de « kynorrhodon » et signifie Rosa canina en latin et Rosier des chiens en français. Nommé ainsi car sa racine a longtemps soigné les morsures de chiens porteurs de la rage. Cette urne ovoïde et charnue, ferme et lisse, de couleur orange à rouge vif brillant à maturité, est en fait le réceptacle floral qui s’est développé après fécondation de la fleur. C’est lui qui contient les akènes, petits fruits jaunâtres et pourvus d’une bourre de minuscules poils raides, durs et irritants, provoquant une démangeaison si désagréable que la plante porte aussi le nom de « poil-à-gratter ».

Le bédéguar ou « éponge d’églantier », une galle en forme de touffe chevelue hirsute et rougeâtre provoquée par la piqûre d’une petite guêpe dans les tiges de l’églantier est utilisée en phytothérapie comme sédatif et cicatrisant. (5) 

Des confusions sont envisageables vu le nombre important de sous-espèces et de variétés, hybrides entre rosiers sauvages, mais tous sont comestibles. On en dénombre 46 genres en Europe, dont 11 en Belgique comme la Rosa cinnamomea, R. gallica (de Provins), R. pomifera, R. rugosa (du Japon), R. sherardii.

Principaux constituants

Les qualités nutritives et gustatives varient selon l’espèce et le degré de maturité.

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Tableau 1 : Valeurs nutritionnelles moyennes pour 100g de pulpe de cynorrhodon du Rosa canina : (1, 6, 9, 11, 14)

* soit jusqu’à 88 fois plus que dans les oranges qui contiennent 45 mg de Vitamine C par 100 g (12).

Les apports minimaux reconnus en Vitamine C (acide ascorbique) sont de 300 mg pour 100 g de cynorrhodons (correspondant à environ 50 faux-fruits). La consommation de 18 cynorrhodons couvrirait donc l’Apport Journalier Recommandé (AJR) en vitamine C de 110 mg pour la population adulte hors situation particulière (15).

Les cynorrhodons contiennent également des flavonoïdes aux propriétés anti-inflammatoires, anti-oxydantes, anti-infectieuses, immunostimulantes et immunomodulatrices (14). On y retrouve de la pectine à raison de 15%, des fibres solubles permettant de moduler l’absorption des glucides et des acides gras en ralentissant leur assimilation au niveau intestinal. Ce qui est intéressant dans la prévention du diabète et de l’hypercholestérolémie. Ils renferment des résines et aussi des tanins ellagiques, hydrolysables, ayant des propriétés antiseptiques (antibactériens, antiviraux et antifongiques) et cicatrisantes (14)

Les akènes contiennent jusqu’à 10% d’huile, majoritairement de l’acide linoléique W6, linolénique W3 (7, 14) et de la vitamine E., c’est pourquoi il est intéressant de mixer les cynorrhodons entiers pour en extraire un maximum de leur huile et de les filtrer ensuite en les pressant dans un sac à jus.

Les pétales contiennent des acides malique et citrique, légèrement laxatifs (14).  Les feuilles et l’écorce sont riches en tanins (1, 7, 14) et les fleurs colorées en caroténoïdes et des flavonoïdes.

En cuisine

Voici quelques propositions de recettes qui devraient vous occuper joyeusement et réjouir vos papilles pour les prochaines saisons.

* Les jeunes pousses et jeunes feuilles récoltées au début du printemps : légèrement amères et astringentes à cause des tanins qu’elles contiennent, s’ajoutent donc modérément aux salades ou en plus grande quantité si elles sont cuites au préalable dans une ou plusieurs eaux.

* Les fleurs des rosiers sauvages étant délicates et éphémères, demandent beaucoup de soins à la récolte qui se fait de mai à juin en fonction des variétés. Elles décorent joliment les salades de verdures et de fruits, de légumes cuits et tous les types de plats et de desserts, de gâteaux, qu’elles parfument délicatement par la même occasion. Les infusions à froid et infusions à chaud, déclinées en sirop, sorbet, gelée, confiture, pâte de fruits et loukoums lui vont à ravir. Ces fleurs parfument également limonades, vins, vinaigres et liqueurs ou les préparations lactées comme les lassis à l’indienne, les flans, les crèmes, les glaces, etc.

Sirop de pétales de roses : Infuser l’équivalent d’1 L de pétales dans 1 L d’eau chaude, pendant 5 minutes. Puis laisser refroidir avec le couvercle plus d’une heure, avant de filtrer en pressant bien les pétales. Ajouter 800 g de sucre et chauffer légèrement jusqu’à dissolution. Ajouter le jus d’un citron.

Vinaigre de roses sauvages : Dans un bocal, couvrir de vinaigre à 5° une poignée de pétale et laisser infuser quatre jours puis filtrer.

Palets d’Églantier : Mélanger 65 g de pétales hachés au couteau dans 115 g de farine d’épeautre avec 115 g d’amandes effilées et brisées. Y incorporer délicatement 75 g de blancs d’œufs montés en neige avec 75 g de sucre. Placer des petits tas à la poche à douille, de la grosseur d’une noix, puis étaler en disque avec le dos d’une cuillère humide. Cuire 6 à 10 minutes au four à 230°C. Tremper éventuellement la moitié dans du chocolat fondu, une fois refroidis.

* Graines (fruits) : séchées, moulues et tamisées en farine pour s’ajouter en mélange à d’autres farines.

* Cynorrhodons (faux-fruits) récoltés d’octobre à décembre voire jusqu’à la fin de l’hiver. La chair crue est croquante et légèrement acidulée.

Purée de cynorrhodons :

– Soit les Cynorrhodons sont mous, blets d’avoir subi une première gelée avant d’être récoltés ou d’avoir passé 24 à 48h dans le congélateur :

* Presser sur le bout du cynorrhodon avec les doigts pour faire sortir la purée à déguster (en laissant akènes et poils à l’intérieur).

* Au passe-vite ou au moulin à légumes avec un peu d’eau pour éliminer grains et poils.

* Au tamis ou sac à jus après les avoir mixés au blender avec un peu d’eau, afin de filtrer les grains et poils. On peut aussi les cuire avant de les passer au tamis.

– Soit ils sont encore durs avant les gelées, mais déjà bien rouges :

* Ôter leur pédoncule et leur extrémité noire, les couper en 2 dans la longueur et les évider à la petite cuillère ou au couteau (grains et poils irritants). Rincer. Travail quelque peu fastidieux, comme il était pratiqué dans nos campagnes en s’armant de patience, ou en passant un bon moment à papoter entre amis. Utilisation crue ou à cuire.

* Cuire les cynorrhodons concassés, 15 minutes dans de l’eau chaude qui les recouvre, jusqu’à ce qu’ils ramollissent. Mixer et filtrer au tamis.

* Sécher, pulvériser et tamiser en farine

La purée aromatique et onctueuse obtenue est fruitée, sucrée et acidulée, rappelant le goût du concentré de tomate et les senteurs d’orange et de mandarine. Elle se consomme avec du yaourt, du fromage blanc ou frais, du miel, du pain, en vinaigrette et sauces sucrées et salées et dans la conception de toute une série de préparations plus délicieuses les unes que les autres : sirop, gelées et confitures, sauce tomate indigène relevée à l’ail et aux herbes aromatiques pour réaliser une pizza, servir avec des céréales, des pâtes, etc. tisanes, macérations, kéfir, liqueurs, alcool, vins, vinaigres, eau de vie, en crumble, tartes, glaces, etc. Séchés, broyés et tamisés en farine, les cynorrhodons entrent dans la confection du pain (pour augmenter le goût et la digestibilité), de galettes, crêpes, gâteaux et autres pâtisseries, etc. ou crus et évidés en marinade de viandes, gibier et volailles, en chutney, etc.

Smoothies de cynorrhodons : Passer au blender des cynorrhodons débarrassés de leur poils et graines ou passer au tamis fin. Manger tel quel ou avec de la purée d’amande. Ou en mélange avec des pommes, poires ou autres fruits ou baies d’automne crus ou cuits.

Confiture de cynorrhodons : Mélanger 100g de purée de cynorrhodons avec 80g de sucre de canne complet, chauffer jusqu’à dissolution complète. Ajouter 1 c. à s. de jus de citron.

Sauce tomate indigène de cynorrhodon : Cuire 500 g de cynorrhodons équeutés et étêtés couverts de 400 g d’eau jusqu’à ce qu’ils ramollissent. Mixer et passer au moulin puis au tamis. Ajouter 2 oignons détaillés sués dans une poêle avec 2 gousses d’ail pressées, un filet d’huile d’olive, 1 filet de vinaigre balsamique, des herbes aromatiques au choix. Salez, poivrez. Mixer le tout. À utiliser dans des pâtes ou céréales cuites ou sur une pizza.

Ketchup sauvage : Chauffer 200 g de purée d‘églantier avec 40 g de sucre jusqu’à ce que le mélange fonce. Puis ajouter 25 ml de jus de pomme ou 1 c. à s. de vinaigre de cidre, 1 filet de miel, 50 ml d’eau, 1 c. à s. de paprika, 1 pincée de curry, (de l’huile pimentée), 1 pincée de sel. A congeler en petits conditionnement ou à pasteuriser.

Biscuits d’automne : Mélanger 200 g de beurre avec 50 g de sucre, 50 g de poudre d’amandes, 50 ml de lait ou jus végétal et 1 œuf. Ajouter 180 g de farine de châtaigne, 70 g de fécule et 50 g de poudre de cynorrhodon. Ne pas trop travailler l’appareil et disposer à la poche à douille des disques sur du papier cuisson, puis, avec un embout cannelé, des mini-tas sur les bords de ces disques. Cuire à 220°C, pendant 7 min. puis placer de la confiture de cynorrhodon au centre et recuire à 220 °C pendant 6 minutes.

Blinis aux cynorrhodons : 70 g de baies crues sans poils et graines, hachées et mélangées avec 2 jaunes d’œufs, 2 petits suisses, 150 ml de lait. Mélanger 125 g de farine avec ½ c. à c. de sel, 1 c. à c. de poudre à lever. Incorporer délicatement 3 blancs d’œufs montés en neige avec une pincée de sel. Laisser reposer 30 minutes puis faire des petits tas dans une poêle avec du beurre. Retourner après 1 minute.

Chaque partie de l’églantier a des utilisations médicinales, en voici quelques-unes à titre d’exemple

* Jeunes pousses et jeunes feuilles : Astringentes, toniques, diurétiques et légèrement laxatives (5)

* Macérats glycérinés de jeunes pousses d’églantier utilisés contre les troubles ORL à répétition, notamment chez les enfants, les personnes déminéralisées ou fragiles qu’il faut fortifier.

* Fleurs : Diurétiques, hypoglycémiantes, anti-oxydantes et astringentes (7)

* Graines (fruits) : diurétiques et sédatifs, ils contiennent des acides gamma-linoléique et linolénique et sont efficaces contre les gerçures, les cicatrices chirurgicales, l’acné (7). Les polyphénols tellinagrandine I jouent un rôle antibiotique potentialisant l’activité des antibiotiques de type B-lactam surtout dans des infections où staphylococcus aureus se montre résistant aux antibiotiques (Shiota et al 2004).

* Cynorrhodons (faux-fruits) : séchés, broyés en décoctions, ils agissent contre lithiases et problèmes urinaires (5, 6). Ils sont fortifiants et toniques contre les problèmes de croissance, de fatigue physique ou intellectuelle (3, 6, 14). Diurétiques et légèrement laxatifs (14). Intéressants dans les maladies fébriles, les infections hivernales, les refroidissements, la grippe et les maux de gorge. Ils augmentent les défenses immunitaires (3, 5, 7, 14), ils sont anti-ascorbiques (3, 5) et régulateurs hormonaux (6). Anti-septiques (5, 7), hémostatiques et cicatrisants (6). Ils agissent contre arthrites du genou et de la hanche (7), permettent une amélioration partielle de l’ostéo-arthrite (Winter et al., 2005, Chrubasik et al 2006), attribuée à la présence de dérivés de galactolipides.

Bibliographie

(1) Couplan, F., Styner, E. (2009). Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques. Delachaux et Niestlé.

(2) Maehlum, A. (2016). Eat nature, l’herbier gourmand. Michel Lafon.

(3) Lieutaghi, P. (1996). Le livre des bonnes herbes. Actes sud.

(4) Couplan, F. (2012). La cuisine est dans le pré. Soliflor.

(5) Lacoste, S. (2015). Les plantes qui guérissent. Editions Leducs.

(6) Nissim, R. (2016). Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes. Editions Mamamélis.

(7) Gurib-Fakim, A. (2008). Toutes les plantes qui soignent. Plantes d’hier, médicaments d’aujourd’hui. Michel Lafon.

(8) Louis, L. (2011). L’appel gourmand de la forêt. Editions la plage.

(9) Couplan, F. (2010). Cuisine sauvage, accommoder mille plantes oubliées. Sang de la terre.

(10) Delaunay, B. (2007). Grignotages sauvages. Editions de Terran.

(11) Couplan, F. (2011). Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées. Ed. Delachaux et Niestlé. Les guides du naturaliste.

(12) asbl NUBEL. (2012). Table belge de composition des aliments, 5ème édition. Bruxelles, Belgique : asbl NUBEL

(13) Cuisine Sauvage asbl. Cuisine sauvage, découvrez les plantes comestibles. Retrieved from http://www.cuisinesauvage.be

(14) Le chemin de la nature. Nos formations en ligne. Retrieved from http://www.lechemindelanature.com

(15) Conseil Supérieur de la Santé. (2016). Recommandations nutritionnelles pour la Belgique – 2016. Bruxelles, Belgique : CSS. Avis n° 9285.

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Faut-il dépister le syndrome de renutrition inappropriée dans un centre hospitalier de revalidation ?

Vandenbosch I.1, Vander Eycken S.2, Delbecke E.3
1 Gériatre, Centre Hospitalier Valida, 2 Etudiante en diététique, Institut Paul Lambin, 3 Diététicienne, Centre Hospitalier Valida

Le Syndrome de Renutrition Inappropriée (SRI) est l’ensemble des manifestations survenant dès la réintroduction excessive d’une alimentation pour des patients ayant eu peu voire pas d’apports alimentaires lors des derniers jours. Cette réalimentation entraine différents déséquilibres, qu’ils soient cliniques ou biologiques. Il est connu de longue date mais encore peu étudié et sous diagnostiqué à ce jour. Il est étroitement lié à la dénutrition, pourtant son dépistage ne se fait pas de manière systématique en milieu hospitalier.(1,2) Actuellement, il n’existe pas de littérature sur la prévalence de ce syndrome dans un service de revalidation.

BUT DU PROJET

L’objectif de ce projet est d’évaluer l’intérêt du dépistage du SRI en revalidation soit de manière systématique soit de manière ciblée sur une population identifiée plus à risque.

MÉTHODES

Au sein du centre de revalidation neuro-locomoteur et gériatrique de Valida, un dépistage systématique du risque du SRI a été effectué chez tous les patients entrants entre le 23/11/20 et le 18/12/20 et entre le 21/01/21 et le 24/02/21. Les variables reprises dans le score de NICE ont été collectées, à savoir : indice de masse corporelle, degré de la perte de poids, évaluation des ingestas sur les dix derniers jours, ionogramme (Mg, Ph, K), présence éventuelle d’éthylisme et prise de certains médicaments (insulines, agents de chimiothérapie, antiacides, diurétiques). Ce faisant, nous avons pu déterminer la présence ou non 

d’un risque de SRI et nous l’avons gradé en faible, haut ou très haut risque. Secondairement, nous avons essayé de trouver un profil récurrent de patients dans les catégories haut et très haut risque en cherchant une corrélation éventuelle avec l’âge, le sexe, le service aigu, la durée d’hospitalisation et le type d’alimentation.

RÉSULTATS

Au total, 142 patients ont été dépistés systématiquement dès leur admission dans notre Centre Hospitalier. L’âge moyen est de 75 ans comprenant 37% d’hommes et 63% de femmes. 62 patients ont été hospitalisés en réadaptation neuro-locomotrice et 80 patients en gériatrie.  Dix provenaient du domicile et 132 d’un service médico-chirurgical, la durée moyenne d’hospitalisation en aigu variait de 20 à 47 jours. 129 patients recevaient une alimentation per os exclusive, 8 une alimentation entérale exclusive et 5 une alimentation mixte : per os et artificielle. De tous les facteurs étudiés, seul le fait d’avoir une alimentation mixte ou exclusivement entérale est plus fréquemment associé  à un risque haut ou très haut de développer un SRI.

CONCLUSION

Un dépistage systématique du SRI chez tous les patients ne semble pas utile au sein de notre hôpital de revalidation. Au vu des données récoltées, il semblerait suffisant de détecter tous les patients bénéficiant d’une alimentation entérale. Nous étendrions notre détection aux patients nourris par parentérale.

RÉFÉRENCES

1.        Da Silva, J. S. V., Seres, D. S., Sabino, K., et al; (2020). ASPEN Consensus Recommendations for Refeeding Syndrome. Nutrition in Clinical Practice, 35(2), 178-195. https://doi.org/10.1002/ncp.10474

2.        Société Francophone Nutrition Clinique et Métabolisme. (2019). Syndrome de renutrition inappropriée de l’adulte. En ligne : https://www.sfncm.org/images/stories/Outils/BrochureSRI-label_SFNCM.pdf

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